DE CONFIRMATION
Le sacrement que vous allez recevoir, mes enfants, est comme la perfection de votre baptême : c'est un sacrement de force et de plénitude de l'Esprit saint. Par le baptême, vous êtes devenus les enfants de Dieu; mais par la confirmation, vous allez devenir des hommes parfaits ; c'est-à-dire, que ce sacrement doit opérer en vous les mêmes effets qu'il opérait autrefois sur les premiers fidèles , si vous le recevez avec les mêmes dispositions qu'eux.
Premièrement, ils recevaient avec lui le don des langues et des miracles. Helas ! mes chers enfants , nous ne nous attendons pas qu'il opère en vous ces prodiges : ces dons extérieurs sont devenus inutiles à l'Église ; et la foi n'a plus besoin de ces grands témoignages. Mais à quoi nous avons droit de nous attendre, c'est que l'Esprit de Dieu que vous allez recevoir, vous fasse parler le langage de Dieu ; c'est que vos conversations à l'avenir soient saintes; que vous vous interdisiez les discours profanes du monde, le langage de la colère, de la médisance, du mensonge et du libertinage. Par là vous parlerez une langue nouvelle et inconnue aux enfants du siècle : vous montrerez que l'Esprit saint habite en vous ; qu'il parle en vous; et que si vous n'avez pas reçu le don des langues, vous en avez reçu un plus excellent, qui est le don de faire un saint usage de la vôtre.
En second lieu, dès que les premiers fidèles avaient reçu le sacrement de l'imposition des mains, qui est celui de la confirmation , ils devenaient plus fermes dans la foi ; plus courageux pour confesser Jésus- Christ; plus intrépides devant les tyrans. Vous n'avez plus de persécuteurs à craindre , mes chers enfants ; le temps des épreuves est passé ; et les princes et les magistrats ne portent plus que pour la défense de la foi , le glaive qu'ils n'employaient autrefois que pour la combattre , et en exterminer les disciples.
Mais vous avez d'autres combats à soutenir dans lesein même de l'Église; lepremier,contrelemonde; le second, contre vous-mêmes; et c'est ce courage et cette fermeté , qui doit être en vous le fruit visible de ce sacrement. Contre le monde, mes chers enfants : vous y trouverez des hommes corrompus dans la foi, qui tâcheront d'ébranler la vôtre, qui parleront le langage de l'impiété. Opposez à ces discours, mes chers enfants, un courage digne de soldats de Jésus-Christ; soutenez les intérêts et la gloire de votre Maître; et confondez l'impie par la seule horreur que vous témoignerez de son impiété.