NOVEMBRE
C'est la piété des peuples , mes chers frères , qui obtient du ciel les bons rois. Les princes que Dieu donne à la terre , sont d'ordinaire la récompense ou le châtiment des vertus , ou des crimes de leurs sujets. Venez donc unir vos prières à celles de l'Église, pour demander à Dieu que notre jeune monarque soit un roi selon son cœur; que la cérémonie auguste qui vient de le marquer du caractère sacré de la royauté , répande sur lui , avec l'onction sainte , toutes les bénédictions de la grâce; qu'il soit le père de son peuple ; qu'il n'use que selon l'ordre de Dieu , de la puissance qu'il ne tient que de Dieu ; que ses passions lui soient aussi soumises que ses peuples; que pour régner plus heureusement sur nous, il commence par régner sur lui-même; et que son règne soit aussi long que celui de son bisaïeul , aussi pieux que celui de saint Louis , aussi glorieux que celui de tous ses plus augustes prédécesseurs ensemble.
Il porte déjà sur la majesté de son front toutes ces belles espérances; ce qui paraît tous les jours d'heureux et de grand dans sa personne sacrée , prévient nos désirs , et affermit notre confiance. Ne nous lassons donc point, mes chers frères, de supplier le maître des rois, et le souverain dispensateur des royaumes , qu'il fasse croître de jour en jour ses dons dans cet auguste prince; qu'il conserve l'enfant de tant de rois , et l'unique espérance de tant de peuples; que le commencement de son règne soit celui
MANDEMENTS
de notre bonheur; et qu'il protège une monarchie où la foi est montée sur le trône avec ses rois , et s'est toujours perpétuée avec eux aussi pure et aussi brillante que leur couronne.
MANDEMENT
Pour faire chanter le Te Deum en actions de grâces de la cessation du mal contagieux , qui s'était répandu dans quelques provinces de ce royaume.
1er MARS 1723.
La colère du Seigneur, mes très-chers frères, s'est enfin apaisée. Sa vengeance , comme dit le Prophète , n'a pas voulu suspendre pour toujours ses miséricordes : il a retiré sa main terrible, qui s'appesantissait sur nos provinces ; et le fléau de la contagion qui les désolait, est enfin cessé. Il semble que sa bonté réservait cette faveur signalée à ces jours heureux où notre jeune monarque entre en possession de toute son autorité royale; et ces commencements nous font espérer que son règne sera marqué par une suite de bienfaits d'en haut : aussi son premier soin est d'ordonner des actions de grâces dans tout son royaume , et de se mettre lui et ses peuples sous la protection de celui qui frappe et qui guérit, qui détruit et qui conserve les empires.
Des motifs singuliers de reconnaissance, mes trèschers frères , doivent ici redoubler la ferveur de vos prières; plus le danger a été près de vous, plus vos actions de grâces envers le Seigneur qui a bien voulu vous en garantir, doivent être vives et touchantes. Vous avez vu la désolation et la mort sur la frontière de la province, et à la porte, pour ainsi dire, de vos villes; vous avez été longtemps sous le glaive exterminateur, et attendant à chaque moment le coup fatal . Rappelez vos frayeurs et vos inquiétudes ; et mesurez la vivacité de votre reconnaissance sur celle de vos alarmes : souvenez-vous que les bienfaits de Dieu méconnus , annoncent toujours son indignation et sa vengeance. Il est jaloux de ses dons; et il n'est jamais plus près de frapper, que lorsque sa protection plus marquée et plus soutenue, n'a trouvé que des coeurs insensibles : ne le faisons pas repentir de sa clémence. Tout nous excite à retourner à lui : ses bienfaits qui ne se payent que par l'amour et par la fidélité; ces jours de pénitence où nous sommes entrés ; les mystères saints qui approchent, et où les grâces plus abondantes demandent des cœurs plus préparés ; et enfin , nos égarements passés , auxquels le Seigneur a peut-être marqué cette conjoncture de miséricorde , comme le dernier terme de sa patience.
MANDEMENT
Pour la publication du jubilé.