NOVEMBRE
Dieu , dont les miséricordes semblent devenir plus abondantes, à mesure que notre malice et nos infidélités augmentent," après avoir accordé aux vœux de toute l'Église, un chef et un pasteur fidèle et selon son cœur, veut encore que cette mère charitable nous ouvre les trésors de ses grâces; soit pour exciter notre reconnaissance à la vue d'un don si préeieux, soit afin que les soins et les exemples d'un pontife si saint , ne soient pas inutiles à son peuple.
Répondons, mes très-chers frères, aux desseins de Dieu sur nous : il met tout en usage pour nous rappeler à lui; et comme nous devenons tous les jours plus ingénieux à nous perdre , il emploie aussi tous les jours de nouveaux moyens pour nous sauver.
Ne bornons pas surtout (comme il nous est arrivé peut-être jusques ici) le fruit de ces jours de propitiation , à quelques démarches passagères de pénitence. Ne nous flattons point que nos fautes soient expiées , si elles n'ont pas été détestées : ne croyons pas que les grâces de l'Église nous aient purifiés, si elles ne nous ont pas changés : ne comptons sur son indulgence , qu'autant que nous pouvons compter sur un sincère repentir. Ses largesses sont des moyens de conversion , et non pas des prétextes d'impénitence : elles nous aplanissent les voies saintes; mais elles ne nous dispensent pas d'y marcher : ce sont les secours de notre faiblesse, et non pas les excuses de notre lâcheté : le sang de Jésus-Christ d'où elles coulent, porte toujours avec lui le sceau et le caractère de la croix ; et le prix qui nous rachète et qui nous délivre, ne peut effacer l'obligation de souffrir que lui-même nous impose.
Préparez donc vos cœurs, mes très-chers frères, et en ce temps surtout, où non-seulement l'Église vous ouvre ses grâces et ses dons , mais où les cieux vont s'ouvrir pour donner aux hommes l'auteur de tous les dons et de toutes les grâces. Les désirs des justes ont autrefois obtenu son premier avènement sur la terre ; il faut que les soupirs delà pénitence le fassent de nouveau descendre dans nos cœurs.
Attirons, par une vie plus chrétienne, les bénédictions du ciel sur le pontife pieux que le Seigneur, dans sa grande miséricorde , vient de donner à son peuple. Attirons-les sur toute l'Église confiée à ses soins; sur ce vaste royaume en particulier, dont les souverains en ont toujours été les plus puissants protecteurs; et enfin, sur notre jeune monarque descendu de tant de saints rois, afin qu'il soit l'héritier