PSAUME PREMIER
Le bonheur d'une âme qui, après avoir été engagée clans les passions du monde, s'en désabuse et revient à Dieu.
*. I. lieatus vir qui non ahi'U inconcilio impiorum, et in via peccatorum non sletit , et in cathedra pestilentiœ non sedit.
*. I. Heureux l'homme qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies , qui ne s'est poin t arrêté dans la voie des pécheurs , et ne s'est point assis dans la chaire de contagion et de peste.
O mon Dieu! dans quel aveuglement vivais-je autrefois? mon âme ne voyait plus, ne jugeait plus que par ses passions : je prenais le change sur tout, et mes ténèbres seules formaient tous mes jugements et toutes mes lumières. Quoique je ne fusse point
PARAPHRASE MORALE
heureux dans le crime , j'y cherchais sans cesse le bonheur qui me fuyait sans cesse ; je croyais le voir dans ceux dont rien ne traversait les plaisirs, et je leur enviais un bien dont ils ne jouissaient pas euxmêmes. Mais depuis que votre lumière a dissipé le nuage épais que les passions avaient formé autour de mon cœur, ô mon Dieu ! si mon aveu glement n'avait pas laissé dans mon âme des souillures que mes larmes n'effaceront jamais, je ne pourrais comprendre comment elle a pu y être si longtemps livrée.
*. 2. Sed in lege Domini voluntas ejus, et in lege ejus mcditabilur die ac nocle.
*. 2. Mais qui au contraire met toute son affection dans la loi du Seigneur, et qui médite jour et nuit cette loi sainte.
Non, Seigneur, je ne connais d'heureux, ici-bas même, que ceux qui vous servent. Je cherchais une affreuse tranquillité dans les discours des impies , qui voulaient me rassurer contre les remords du crime, en traitant de crédulité puérile toutes les terreurs d'un avenir, et s'efforçant de me persuader des maximes d'irréligion dont ils ne pouvaient parvenir à se persuader eux-mêmes. J'aurais voulu pouvoir me fixer dans cette voie qui n'offre aux dérèglements, ni un Dieu vengeur, ni des supplices destinés à ceux qui violent votre loi sainte , ni une âme immortelle qui survit à son corps et à ses crimes , pour les expier par un malheur éternel. Ces maximes empoisonnées infectaient mon âme; mais par un bienfait inestimable de votre miséricorde, elles n'y corrompaient pas jusques à la racine de la foi : je les aimais , et j'étais fâché que votre vérité les combattît encore au fond de mon cœur. Mais, ô mon Dieu ! que je me trouve heureuse d'être sortie de cette voie d'impiété et de blasphème, où je cherchais une ressource contre mes dérèglements ! je sens tous les jours que pour être heureux sur la terre, du moins pour n'y être pas si malheureux, il faut aimer,il faut observer votre loi sainte. Toutce qui nous éloigne de vous, nous met en mésintelligence avec nous-mêmes; et plus nous cherchons notre repos en vous offensant, plus nous multiplions au dedans de nous nos inquiétudes et nos troubles, et par conséquent nos malheurs; car quelle joie, quelle satisfaction peut goûter notre âme , lorsqu'elle est privée de cette paix intérieure, qui est le fruit de l'innocence et de la piété?
*. 3. Et erit tanguant lignum qnod plantatum est seeus decursus aquarum : quodfructum suum dabit in tempore suo : etfolium ejus non dejluet.
t. 3. Et il sera comme un arbre qui est planté proche le courant des eaux , lequel donnera son fruit dans son temps , et sa feuille ne tombera point.
L'impie sèche et dépérit au milieu de ses plaisirs ;
mais les larmes de l'âme juste , ces larmes que fait couler le souvenir amer de ses égarements passés, ressemblent à ces eaux qui augmentent la fraîcheur, la verdure, la beauté de l'arbre qu'elles arrosent. La paix et la joie en sont les premiers fruits. L'air brûlant et contagieux du monde au milieu duquel elle vit ne flétrit pas même la beauté d'une seule de ses feuilles : au contraire, les scandalesdes pécheurs, leurs plaisirs, leurs joies insensées, qui, autrefois l'avaient séduite, l'affermissent, ô mon Dieu! dans la fidélité qu'elle vous a promise : touchée de leur aveuglement , elle en sent plus vivement la grandeur du bienfait qui l'a éclairée.
*. 4. Etomnia quœcumque faciet , prosperabuntur.
*. 4. Et toutes les choses qu'il fera auront un heureux succès
Tout ce qui avait servi à la perdre tourne à son instruction et à sa consolation. Rien ne lui avait réussi dans ses désordres. Les événements n'avaient jamais répondu à ses mesures et à ses désirs ; tout semblait au dehors se soulever contre ses passions. Mais depuis que votre grâce , ô mon Dieu ! les a calmées , comme ses désirs sont plus réglés, elle n'en forme jamais d'inutiles : sa prospérité est dans sa soumission à vos ordres; et comme elle est toujours soumise , tous les événements la laissent toujours tranquille.
t. 5. Non sic impii, non sic; sed tanquam pulvis quem projicit ventus afacic lerrœ.
*. 5. Il n'en est pas ainsi des impies , il n'en est pas ainsi ; mais ils sont comme la poussière que le vent disperse de dessus la face de la terre.
Mais il s'en faut bien, ô mon Dieu! que les impies ne jouissent d'un semblable bonheur. Les passions d'où naissent tous leurs plaisirs criminels, enfantent aussi toutes leurs agitations et toutes leurs peines : rien ne les fixe : la multiplicitéde leurs désirs, comme un affreux tourbillon, les agite sans cesse. La poussière qui est le jouet des vents, n'est que l'image de leur âme toujours emportée au gré de la bizarrerie et de la violence de leurs passions. Ils ne veulent pas chercher le repos en vous seul : et où pourraient-ils le trouver hors de vous , ô mon Dieu? eh! toutes les créatures dans lesquelles ils croient le trouver, les repoussent vers vousmême par leur vide et par leur insuffisance.
*. 6. ldeo non résurgent impii injudiew, neque peccatores in concilio justorum.
*. 6. Aussi les méchants ne pourront subsister au jugement , ni les pécheurs dans l'assemblée des justes.
Aussi, grand Dieu, vous n'aurez pas besoin de
DU PSAUME llf.
juger les impies , en ce jour où les justices mêmes seront jugées. Le trouble , les tristes agitations de leur conscience les avaient déjà jugés sur la terre; vous ne ferez que les livrer au ver dévorant , que leur cœur, après en avoir été sans cesse déchiré sur la terre , portera encore devant vous ; c'est-à-dire aux fureurs et à la tristesse du crime, que nul plaisir n'avait jamais pu arracher du fond de leur âme.
*. 7. Quon iam novit Dominus viam justonim , et iter impiorum peribit.
*. 7. Car le Seigneur connatt la voie des justes, mais la voie des méchants périra.
Et voilà , ô mon Dieu ! à quoi aboutissent tous ces projets d'ambition, de plaisirs, de fortune, qui ont rempli les jours de l'impie. Tout est anéanti : i! n'en subsiste plus rien. Il aurait voulu que tout l'univers fût occupé de lui ; et sa vanité sera pun'he par un oubli universel. Mais vous, ô mon Dieu ! vous ne l'oubliez pas , et ce souvenir armera éternellement votre justice contre un insensé, qui, n'ayant été mis sur la terre que pour vous aimer, vous servir, et se rendre «iigne de ces biens ineffables que vous réservez à ceux qui vous aiment , n'a employé la vie qu'il avait reçue de vous, qu'à vous outrager et à se perdre.
Que le sort du juste est bien différent ! Vous tenez, ô mon Dieu ! un compte exact et fidèle de ses moindres démarches, afin de l'en récompenser : aucune de ses actions ne vous échappe. Vos yeux sont sans cesse ouverts sur lui ; et vous lui faites ressentir les effets d'une protection continuelle , tantôt en écartant les pièges et les tentations, tantôt en le fortifiant dans les combats qu'il livre aux ennemis de son salut, tantôt en le relevant, lorsque sa faiblesse lui a fait faire quelque chute. Enfin , vous lui donnerez cette couronne de justice qui le mettra en possession du royaume éternel. Heureux donc, mille fois heureux , celui à qui vous êtes ici-bas toutes choses , puisqu'il porte en lui-même la source d'un bonheur qui ne finira jamais!
PSAUME III
Sentiments d'une âme pénétrée de l'énormité de ses crimes passés, et en même temps pleine de confiance en la miséricorde du Seigneur.
*. I. Domine , quid multiplicati sunt qui tribulant me! multi insuryunt adversum me.
t. i. Seigneur; que le nombre de ceux qui me persécutent est grand ! que d'ennemis se sont élevés contre moi !
Quand je repasse devant vous, Seigneur, la mul-
titude et l'énormité des crimes de ma vie passée, le trouble, le découragement, le désespoir, semblent s'emparer tour à tour de mon âme. Je ne rappelle pas un seul jour, un seul instant même, de ma vie criminelle, où je ne découvre de nouveaux excès qui s'élèvent contre moi : leur nombre grossit tous les jours à mes yeux, à mesure que j'entre plus avant dans les abîmes de ma conscience. Et que sais-je, grand Dieu! si ceux que le temps a effacés de mon souvenir, dans un cours d'iniquités si long et si peu interrompu, ne les égalent , ou ne les surpassent pas peut-être encore!
*. 2. Multi dicunt animœmeœ : Non est salus ipsi in Deo ejus. t. 2. Plusieurs disent de moi : Il ne trouvera point de salut en Dieu.
Je les avalais autrefois, mes iniquités, comme de l'eau. J'entassais crime sur crime, sans aucun retour sur moi-même. Je comptais toujours que mille devant vous ne sont pas plus qu'un seul; et que le plus ou le moins n'offrait rien de différent à vos miséricordes infinies. Le dérèglement où j'avais vécu jusqu'alors, me calmait sur celui où je vivais encore. En me promettant toujours un changement à venir, je continuais plus tranquillement, ô mon Dieu! à vous offenser; et ne me sentant pas encore disposé à finir mes désordres, j'en attendais la fin, en y en ajoutant tous les jours de nouveaux avec une sécurité déplorable. Mais aujourd'hui, grand Dieu, que votre lumière a éclairé mes ténèbres ; aujourd'hui où tous mes crimes sortis de ce nuage épais qui les enveloppait, les cachait à mes yeux, paraissent à découvert, et m'accablent devant vous par leur énormité et par leur multitude, toute espérance de salut semble s'éloigner de moi. Pourrez- vous , ô mon divin Sauveur ! regarder avec un œil de pitié et de clémence, une vie dont je ne puis moi-même soutenir l'affreux spectacle? Dieu saint, voudrez-vous jamais vous communiquer à une âme qui voudrait pouvoir s'éloigner d'ellemême , et qui ne peut porter devant vous que sa corruption et son opprobre? Quand je ne fixe mes regards que sur moi-même , tout m'annonce la sévérité de vos jugements. Quelle vie, grand Dieu! trouverai-je écrite dans le livrede vos justices éternelles? Le soleil ne se levait jamais sur ma tête,que pour éclairer de nouvelles infractions de votre loi sainte; et la nuit ne succédait, que pour voir prolonger mes œuvres de ténèbres. Je ne vivais, je ne respirais, je ne pensais que pour le crime; et jusquesaux désirs inutiles de pénitence que je mêlais à mes passions , tout semble m'interdire pour toujours l'accès au trône de vos miséricordes, par l'abus criminel que je faisais alors des sentiments mêmes de salut
PARAPHRASE MORALE
que vous réveilliez de temps en temps au fond de mon cœur.
t. 3. Tu aulem, Domine, susccptor meus es, gloria mea , et exultons caput meum.
*. 3 Mais vous , Seigneur, vous êtes mon bouclier, vous êtes ma gloire , c'est vous qui élevez ma tète.
Voilà les images noires et affreuses que l'ennemi de mon salut présente sans cesse à mon âme, pour la précipiter dans le découragement et dans la défiance. Autrefois il me rassurait dans mes désordres, en me représentant votre clémence toujours prête à recevoir le pécheur qui revient ; aujourd'hui que je veux sincèrement revenir à vous, ô mon Dieu ! il vous peint en secret à mon cœur agité, comme un Dieu inexorable : il ne me découvre l'horreur de mes crimes que pour me cacher les trésors infinis de vos miséricordes , et pour me retenir sous son esclavage honteux. Il s'efforce de me persuader que vous ne voulez plus de moi , et que mes excès ont fermé pour toujours vos entrailles aux cris de ma douleur, et aux larmes de votre créature.
Mais, Seigneur, si j'ai autrefois outragé votre bonté, en comptant trop sur elle, pour persévérer plus tranquillement dans le crime, je ne lui ferai pas le nouvel outrage d'en désespérer dans mon repentir. Je me sens , il est vrai , la plus faible et ]a plus fragile de toutes les âmes; mais n'êtes-vous pas la force des faibles? Qu'ai-je à craindre de moimême , quand vous serez avec moi , susceptor meus , vous qui êtes mon bouclier et ma force? Rien n'approche de l'opprobre et de l'avilissement où la honte de mes passions m'a fait tomber; ce n'est rien que l'ignominie dont elles m'ont couvert devant les hommes : celle que je portais devant vous, grand Dieu , était encore bien plus hideuse et plus humiliante. Mais, ô Dieu de majesté! un rayon de votre gloire changera en or cette âme de boue; vous me rétablirez en honneur, dès que vous aurez ennobli mon âme des dons de la justice, et que vous m'aurez reçu au nombre de vos enfants , et des cohéritiers d'un royaume éternel. Je rentrerai dans tous les augustes droits du chrétien : ma vie sainte et nouvelle me rendra, même devant les hommes, l'honneur et les égards que mes désordres m'avaient ravis , et vous serez ma gloire , comme le dérèglement avait été ma confusion et mon opprobre : Gloria mea et exaltans caput meum.
*. 4. Voce mea ad Domimim clamavi, et exaudivit me de monte sancto suo.
*. 4. J'ai élevé ma voix et j'ai crié au Seigneur, et il m'a exaucé de sa montagne saiete.
Om, Seigneur, mes prières et mes larmes ne
monteront pas en vain au pied de votre trône. Vous n'êtes plus sur cette montagne terrible, environnée d'éclairs et de foudres, et dont nul mortel ne pouvait approcher. Nous vous adorons sur la montagne sainte , où vous vous offrez pour nous à votre Père, comme notre justice, notre sanctification, et notre rédemption , et vous avez sans cesse les mains étendues pour recevoir les pécheurs qui reviennent à vous. Ce n'est donc pas de vos miséricordes infinies, dont je dois me défier; c'est delà sincérité et de la persévérance de mon repentir , c'est que la grandeur de ma pénitence ne réponde pas à l'énormité et à la multitude de mes crimes.
t. 5. Ego dormivi et soporatus sum, et exsurrexi quia Dominus suscepit me.
t. 5. Je me suis couché , je me suis endormi , et je me suis éveillé parce que le Seigneur m'a soutenu.
Que ne dois-je pas, grand Dieu, me promettre de votre bonté, puisque malgré le sommeil de la mort où j'étais enseveli depuis si longtemps , malgré l'assoupissement funeste où mes dérèglements retenaient toutes les puissances de mon âme, votre voix puissante et miséricordieuse m'a réveillé ! Elle a pénétré jusques au fond de l'abîme, où non-seulement j'étais sans vie, mais où la puanteur et l'infection n'offraient à vos yeux saints que l'objet le plus digne de votre abandon. Et cependant, ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation ! après m'avoir souvent sollicité de revenir à vous, vous avez enfin ranimé ce cadavre puant ; vous avez soufflé un esprit de vie sur cette boue hideuse; vous avez rétabli en moi la beauté de votre image dont j'avais effacé jusques aux moindres traits, et arraché mon âme de la puissance de la mort et du démon, pour me mettre sous la protection de votre miséricorde.
*. 6. Non timebo millia populi circumdantis me.
*. fi. Je ne craindrai point quand des millions d'hommes m'assiégeraient de toutes parts pour me perdre.
Non, Seigneur, pénétré de cette confiance, je ne me découragerai point à la vue de mes crimes innombrables. Je les rappellerai dans l'amertume de mon cœur ; et ce souvenir réveillera plus ma reconnaissance, mon amour, ma componction, que ma crainte et mon désespoir. Je mépriserai les dérisions, les censures déplorables que ma nouvelle vie va m'attirer de la part de tous ceux qui m'environnent , et qui ont été autrefois , ou les témoins , ou les complices de mes désordres. Leurs joies insensées, dont j'ai tant de fois éprouvé le vide; leurs voluptés , leur bonheur apparent, qui avaient toujours été pour moi un fonds intarissable de chagrins
DU PSAUME IV
et de remords cruels; loin de me dégoûter de la tristesse de mes larmes et de mon repentir, me les rendront plus douces et plus aimables. Le malheur de leur état me fera sentir de plus en plus le prix du bienfait inestimable qui m'en a retiré. Cette préférence accordée à celui qui en était le plus indigne, confondra ma tiédeur, et ranimera ma fidélité; et Lien éloigné d'envier leur sort, je ne cesserai de vous demander, ô mon Dieu; qu'ils puissent enfin parvenir à connaître quel est le bonheur de ceux qui vous servent.
t. 7. Exsurge, Domine ! salvum me fac, Deus meus! quoniam lu peirussisti omnes adversantes mihi sine causa; dentés peccatorum contrivisti.
}. 7. Levez-vous , Seigneur ! sauvez-moi , mon Dieu ! c'est vous qui avez frappé tous ceux qui se déclarent contre moi sans raison ; vous avez brisé les dents des pécheurs.
Levez-vous donc, grand Dieu, achevez en moi l'ouvrage de mon salut, en ne permettant pas que ceux que j'ai entraînés moi-même dans le désordre, pannes sollicitations, ou pannes exemples, périssent. Je ne me croirai point rentré en grâce auprès de vous, tandis que je verrai subsister en eux les fruit amers et les suites terribles de mes crimes. Puisque vous avez pu briser la dureté de mon cœur, tout est possible à la force de votre grâce. Vous abattrez , quand il vous plaira, ces pécheurs qui paraissent si fiers et si intrépides dans le crime , et qui me seront toujours chers , quoique ma nouvelle vie les ait soulevés contre moi , et qu'ils s'efforcent en vain d'ébranler mes résolutions, et de me rentraînerdans leurs voies égarées , par leurs discours mordants ou 6éducteurs.
*. 8. Domini est salus, et super populum tuum benedictio tua.
t. 8. Le salut vient du Seigneur; et c'est vous, ô mon Dieu! qni bénissez votre peuple.
Vous seul, Dieu tout-puissant, pouvez sauver ceux en qui toute ressource de salut paraît éteinte. Vous vous plaisez même à opérer ces prodiges dans les pécheurs les plus désespérés , afin que l'homme ne s'attribue rien à lui-même , et que toute la gloire en soit rendue à votre grâce. Tous les bienfaits que vous répandez sur votre peuple, ne prennent leur source que dans les trésors immenses de votre libéralité ; et les dons seuls de votre miséricorde infinie , forment toute la récompense de nos faibles mérites.
UASSILLON. — TOME II.