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PARAPHRASE MORALE
terre , il vous a formé partout des adorateurs en esprit et en vérité; et partout on a élevé des temples, où votre Verbe fait chair est encore avec nous et y sera jusques à la consommation des siècles.
*. 3. Qui fi.icendet in montcm Domini ? aut guis stabit in loco sancto ejusP
t. 3. Qui est-ce qui montera sur la montagne du Seigneur, ou qui s'arrêtera dans son lieu saint?
Mais, ô mon Dieu! si nos temples sont ce ciel nouveau , où toute votre gloire et toute la terreur de votre majesté résident ; si ce n'est plus un ange que la nuée mystérieuse y cache , mais votre Fils lui-même, mais un Dieu fait chair, caché sous les bénédictions mystiques : si les anges eux-mêmes l'y adorent sans cesse, et, saisis d'une sainte terreur, se couvrent de leurs ailes et peuvent à peine y soutenir l'éclat de sa majesté , qui pourra se flatter, grand Dieu , d'être digne de monter dans ce lieu saint , et d'y venir paraître en votre présence ? Vous exigeâtes autrefois de votre peuple tant de jeûnes, de purifications, de précautions, afin qu'il lui fût permis de camper à une certaine distance seulement du pied de la montagne sur laquelle vous vous communiquiez à votre serviteur Moïse ; que ne devez-vous pas exiger, ô mon Dieu ! du nouveau peuple à qui vous permettez de monter tous les jours sur la montagne sainte , de vous y voir, et de communiquer avec vous? Vous n'environnez plus ce lieu terrible d'éclairs et de foudres, pour en défendre l'approche à un peuple consterné ; vous n'y mettez plus d'autres barrières que celles de notre amour et de notre foi : mais plus votre bonté semble oublier en notre faveur ces précautions formidables qui rendaient autrefois votre présence inaccessible, plus votre indignation s'allume contre ceux qui s'en prévalent pour paraître devant vous , ô mon Dieu ! dans une situation et avec des souillures qui vous déshonorent.
*. 4. In noce ns manibus et mundo corde , qui non uccepil in va no animant suam, neejuravit in dolo proximo suo.
*. 4. Celui dont les mains sont innocentes et le cœur pur, qui n'a pas reçu son àme en vain , ni fait un serment faux et trompeur à son prochain.
Que faudrait-il donc, grand Dieu, pour ne pas blesser la sainteté de vos regards, quand on vient s'assembler dans votre temple? Il faudrait y porter des mains innocentes , pour être en droit de les lever vers vous , et un cœur pur dont vous puissiez recevoir les hommages ; et cependant, ô mon Dieu ! que de mains souillées de crimes et de rapines viennent y embrasser votre autel saint, et vous présenter des dons et des offrandes! Que de mains teintes
encore par des désirs de haine et de vengeance, du sang de leurs frères, voyez-vous levées devant le sang adorable de l'Agneau qui a réconcilié le monde et éteint toutes les inimitiés! Que de cœurs livrés aux passions les plus honteuses, loin de venir les déplorerdevantvousau milieu de l'assemblée sainte, viennent y chercher les objets infortunés qui les allument! Combien de cœurs dissipés par les sollicitudes ou les plaisirs du siècle, y viennent à vos pieds sans penser même au Dieu qui les regarde, sans former un seul mouvement intérieur qui soit pour vous; et ne semblent choisir votre présence, que pour livrer plus à loisir leur esprit à toutes les images frivoles dont ils ne peuvent se désoccuper! Combien de cœurs appesantis et insensibles , loin de sentir réveiller leur foi à la vue des merveilles que votre amour pour les hommes opère sur nos autels , et de s'unir aux cantiques et aux actions de grâces de votre Église, n'y sentent que le dégoût de vos louanges chantées par des ministres saints, et l'ennui des moments qu'ils sont obligés de donner à un devoir si consolant et si honorable pour l'homme! Que faudrait-il encore , grand Dieu , pour être digne de paraître dans ce lieu saint ? il faudrait sentir tout le prix de son âme, la regarder comme un dépôt sacré qui vous appartient, et que vous nous redemanderez un jour; y venir chercher les secours qui vous la conservent et les remèdes qui la purifient, et y être plus occupé de ses besoins secrets, et des ornements intérieurs qui la rendent agréable à vos yeux, que des vaines parures qui ne font qu'embellir un corps dont les vers vont faire au premier jour un spectacle hideux d'infection et de pourriture dans le tombeau. Et cependant, ô mon Dieu! cette âme immortelle et destinée à vivre éternellement avec vous, est la seule chose dont la plupart de ceux qui viennent dans le temple saint , ne sont point occupés : il semble que c'est en vain qu'ils l'ont reçue , et qu'elle ne mérite pas la plus légère attention : tous leurs soins se bornent à parer un corps périssable, à s'attirer des regards qui ne devraient être que pour vous ; et à inspirer peut-être des passions criminelles, et irriter votre colère, dans le temps même que votre Fils verse de nouveau son sang sur l'autel pour l'apaiser, et vous réconcilier encore avec les hommes! Enfin, ô mon Dieu ! la fraude, la mauvaise foi , l'injustice , devraient être bannies de ce lieu saint, tandis que vous y répandez avec tant de profusion tous les trésors de votre grâce sur nous. Un chrétien qui refuse ses largesses aux besoins de ses frères , ou qui usurpe et retient injustement leur bien, ose-t-il se montrer devant des autels qui lui rappellent de toute part la profusion de vos bien-
DU PSAUME XXIII
faits sur les hommes ; tandis que vous y confirmez vos promesses et votre alliance par le sang de votre Fils, qui coule sur l'autel ! Celui qui jure frauduleusement à son prochain , et qui ne craint point de violer la sainteté de son serment et de ses promesses ; qui fait servir à tromper ses frères le lien le plus sacré et le plus inviolable de la société, et qui devrait être proscrit de l'assemblée même des hommes, aurait-il la témérité de venir se mêler avec les anges dans nos temples, et y converser avec vous ! Non, Seigneur, les immondes, les ravisseurs, les adorateurs du monde et de ses idoles, les idolâtres de leur propre corps , ne sont pas dignes de se présenter dans le temple saint , à moins qu'ils n'y viennent former des désirs de pénitence, et vous demander d'accorder à ces faibles commencements de repentir la grâce d'une conversion parfaite. Ils entrent alors dans le droit de ceux qui ont les mains innocentes, le cœur pur; qui font de la sanctification de leur âme leur soin principal et leur affaire la plus importante ; et dont la droiture et la simplicité peut à la vérité être surprise par les ruses et la mauvaise foi des méchants, mais qui ignorent eux-mêmes Part infâme d'user de ces indignes artifices.
t. 5. Hic accipiet benedictionem à Domino , et miscricordiam a Deo salutari stw.
t. 5. C'est celui-là qui recevra du Seigneur la bénédiction , et qui obtiendra la miséricorde du Dieu son Sauveur.
Voilà, grand Dieu, les âmes que votre Majesté terrible ne dédaigne pas de souffrir en sa présence dans le lieu saint : vous les y regardez même avec des yeux de complaisance ; vous y versez sur elles vos bénédictions les plus abondantes, vous les faites entrer dans la participation de toutes les grâces opérées par les mystères qui se consomment sur vos autels : elles n'en sortentjamaisquecomblées dequelque nouvelle faveur de votre part ; c'est-à-dire plus ferventes dans l'amour de votre loi , plus affermies contre les séductions du siècle , plus intrépides lorsqu'il s'agit de soutenir les intérêts de la Vérité et la gloire de votre nom , aux dépens de la leur propre : et s'il leur arrive de vous avoir déplu en n'ayant pas marché dans vos voies avec assez de fidélité, c'est là, ô mon Dieu! que vous vous réconciliez avec elles; que leurs prières unies à celles de l'Église vous apaisent , vous font oublier leur infidélité , et que le sang de votre Fils leur Sauveur leur obtient la miséricorde que vous ne refusez jamais aux âmes touchées de repentir, et qui vous la demandent en son nom.
♦ . e. Hœc est generatio qucerentium eum, quœrentiiim facietn Dri Jacob.
». 6. Telle est la race de ceux qui cherchent le Seigneur, de ceux qui cherchent à voir la face du Dieu de Jacob.
Multipliez, grand Dieu, la race de ces âmes fidèles qui ne viennent dans votre temple saint que pour vous y chercher, vous y adorer, et jouir des douceurs de votre divine présence! C'est pour elles seules, grand Dieu , que vous descendez sur l'autel , et que vous daignez habiter au milieu de nous; ce n'est pas pour ces âmes irréligieuses et mondaines qui n'y viennent, ce semble, que pour vous insulter par des irrévérences et des situations indécentes , qu'elles n'oseraient se permettre dans des lieux profanes; qui ne viennent pas y chercher la face du Dieu de Jacob, mais la face des idoles impures auxquelles elles prostituent leur cœur et leurs hommages; et qui se dispensent devant la majesté d'un Dieu terrible, et au milieu de tous les objets les plus respectables de la religion , des bienséances mêmes et d'une certaine apparence de retenue, dont elles n'oseraient se dispenser devant des personnes graves, et au milieu des assemblées publiques du siècle.
t. 7 et 8. Attollite portas, principes , vestras; et elevamini , portœ mlernales : et introibit liex gloriœ! quis est iste Rex yloriœ? Dominus for lis et pote us.
*. 7 et «.Levez vos portes , princes ; et vous, portes éternelles, levez-vous , et vous ouvrez , pour laisser entrer le Roi de gloire ! Qui est ce Roi de gloire ? le Seigneur qui est vraiment fort et puissant.
Oh ! si elles pouvaient voir, ces âmes irréligieuses que la foi n'éclaire point, lorsque le ministre, par la vertu des paroles mystiques et par l'invocation du saint-Esprit, attire sur nos autels le Saint des saints : si elles pouvaient voir les portes du sanctuaire éternel s'ouvrir, le Roi de gloire qui descend accompagné et entouré de la multitude des esprits célestes ; ces esprits si purs et si saints , qui pénétrés de crainte et de respect, s'inclinent profondément en sa présence, et éblouis de la majesté et de l'éclat qui l'environnent, couvrent leurs faces, nese croyant pas dignes d'arrêter leurs regards sur sa personne divine! Et vous, cendre et poussière, qui avez même déshonoré la boue dont vous avez été formés, par des souillures de toutes espèces ; vous qui n'êtes pour les yeux du Seigneur, à cause des crimes dont votre âme est infectée , qu'un objet de haine et d'horreur ; vous qui .devriez regarder comme une faveur singulière la liberté que vous avez d'entrer dans nos temples, et qui, dans des siècles plus heureux, en eussiez été chassés ignominieusement comme des profanes , si vous aviez voulu seulement y paraître ; vous que le sentiment de votre indignité devrait faire pâlir et frissonner de tous vos membres, à l'approche de ce sanctuaire respectable qui renferme le Saint des saints et le Roi de gloire , vous osez le braver jusques au pied de ses autels! Eh! ne savez -
PARAPHRASE MORALE
vous pas que ce Roi de gloire que vous osez outrager, est en même temps le Seigneur vraiment fort et puissant? et ne devez-vous pas craindre qu'il ne renouvelle pour vous punir, les prodiges qu'il opéra dans le désert, pour venger des outrages moins criminels que les vôtres : que la terre ne s'entrouvre sous vos pieds pour vous engloutir tout vivants dans les enfers; ou qu'il ne parte du fond du sanctuaire des foudres et des éclairs , pour mettre en i poudre des téméraires à qui la présence et la majesté du Dieu tout-puissant ne peuvent en imposer?
PSAUME XXIV
Prière d'une âme revenue des égarements du monde, qui gémit-devant Dieudes infidélités de sa vie passée, et reconnaît que ses afflictions en sont la juste peine.
t. I. Ad te, Domine, levavi animam meam; Deus meus, in te conjido, non erubescam.
*. 1. J'ai élevé mon àme vers vous, Seigneur; je rnels ma confiance en vous, mon Dieu : ne permettez pas que je tombe- dans la confusion.
Que je me trouve heureuse , ô mon Dieu ! d'avoir la liberté de me consoler avec vous, et de vous aller présenter mon cœur jusques au pied de votre trône ! Mes peines étaient autrefois sans consolation ; je souffrais toute seule : je ne vous connaissais pas, o mon Dieu ! comment vous aurais-je appelé à mon secours? Le monde était la seule idole, le seul objet de mes désirs, de mes soins, de mes pensées : il occupait mon coeur tout entier; mais il reconnaissait mal mon dévouement et ma servitude; il répandait mille amertumes sur ses plaisirs; j'y trouvais à chaque pas des contradictions et des chagrins , qui plongeaient mon âme dans la tristesse; il ne m'offrait rien qui pût la soulager : il me promettait toujours un avenir plus agréable; je me laissais séduire à ses promesses : mais cet avenir s'éloignait de plus en plus, et ilriaitde ma crédulité comme de mes peines. Mais vous êtes, ô mon Dieu! un maître bien plus aimable et bien plus fidèle : si vous permettez que je sois affligée, vous me faites sentir la justice et l'utilité de mes souffrances; vous m'apprenez qu'elles prennent leur source dans les trésors mêmes de votre miséricorde, qui veut bien accepter ces afflictions légères pour expier des crimes qui m'en préparaient d'éternelles. Je sens que la même main qui me frappe, me soutient; et ma confiance en vous est un adoucissement sûr à toutes mes peines. Après cela, grand Dieu, comment pourrais-je rougir de servir publiquement un maître si miséricordieux et
si puissant! je ne rougis plus que de la folie de mes anciens égarements; et d'avoir pu prostituer, jusques à un âge sérieux, mes jours et mes années à un monde qui n'est rien , qui ne peut rien , qui ne nous repaît que de fumée, et qui ne se soutient que par l'ivresse et l'ébiouissement de ceux qui le servent.
*. 2. Neque irrideant vie inimici met : ctenim universi qui sustincnl te, non confundentur.
t. 2. Et faites que mes ennemis ne se moquent point de moi : car tous ceux qui espèrent en vous, ne seront point confondus.
En vain il traite d'insensées les âmes qui marchent dans vos voies; en vain les mondains, que la vie des justes condamne, la taxent d'hypocrisie et de faiblesse , je ne crains point , ô mon Dieu ! de partager avec vos serviteurs ces dérisions honorables : il n'est pas possible que la sagesse du ciel , toujours ennemie de celle du siècle, ne lui paraisse une folie. Que je ne sois jamais sage , ô mon Dieu ! aux yeux de ce monde dépravé ! il n'honore de ce nom que des frénétiques que l'égarement seul de la raison agite et fait mouvoir, et qui ne doivent qu'à leur erreur la gloire, les talents, et la félicité imaginaire dont ils croient jouir. Plus je serai un objet de risée au monde et à ses partisans, plus je me flatterai de n'être pas indigne de votre approbation et de vos regards. Il réprouve toutce que vousjustifiez,ômonDieu!etil justifie tout ce que vous condamnez ; et ce qui marque l'excès de son aveuglement, c'est qu'au milieu de tout le frivole, de toutes les puérilités, de toutes les faiblesses, de toutes les extravagances des passions dont il est sans cesse agité, il ne trouve de ridicule que la sagesse, la douceur, la dignité, la sublimité , l'ordre, la paix, et tout ce qu'a de grand, d'admirable et d'utile à la société votre doctrine sainte. Se peutil, ô mon Dieu! qu'un mécompte si insensé fascine presque tous les hommes! ils s'attachent à un monde qui s'écroule sous leur main : ils servent vivement, sérieusement un maître qui n'a de sérieux, que les malheurs éternels qu'il leur prépare; et ils ne vous servent que par bienséance , et ils ne vous rendent que quelques hommages extérieurs et précipités, qu'ils accordent à l'usage plutôt qu'à vous-même; vous, ô mon Dieu! qui rendez au centuple les plus légères démarches que l'on fait pour vous; vous qui donnez au delà de vos promesses ; vous qui prévenez les besoins de ceux qui implorent votre secours; vous enfin, ô mou Dieu! qui remplissez les cœurs qui reviennent à vous, de tant de paix, de joie, de consolation, qu'aucun jusques ici ne s'est repenti que de vous avoir connu et aimé trop tard !
t. 3. Confundantur omnes iniqua agentes supcrvacui.
DU PSAUME XXIY.
t. 3. Que tous ceux qui commettent l'iniquité en vain , soient couverts de confusion.
Aussi , grand Dieu, ceux qui espèrent en vous, et qui , ne se rebutant point de la longueur apparente de leur exil , en soutiennent avec courage les dégoûts et les peines, et vous demeurent fidèles jusques à la fin s'applaudiront un jour de leur choix. Dans ce dernier moment où tout s'évanouit, et où il ne nous reste plus rien de réel, et qui puisse nous survivre, que nos crimes ou nos vertus, ils paraîtront remplis d'une sainte confiance : ils quitteront sans regret des biens et des honneurs qu'ils n'avaient jamais aimés, parce que tout ce qui ne devait pas les suivre devant vous, ô mon Dieu! et qu'ils ne devaient posséder qu'un instant, leur avait toujours paru indigne de leur amour. Ils connaîtront tout le prix de ces violences, de ces macérations que le monde traitait de folie , qui n'ont duré qu'un moment rapide ; et qui comme les étendards de leur victoire, vont les conduire en triomphe dans les tabernacles éternels! Vous couvrirez au contraire alors de confusion, ô mon Dieu! les âmes insensées qui ont jusque-là persévéré dans l'iniquité, sans y trouver le bonheur qu'elles y cherchaient : elles rappelleront les violences, les peines, les assujettissements qu'elles auront soufferts pour le monde, et pour contenter leurs passions, et elles n'y verront que des crimes pénibles qui leur avaient rendu la vie amère sur la terre, et qui vont la leur rendre infiniment malheureuse dans l'éternité. Elles commenceront, dans ce moment terrible où le nuage qui nous cachait la vérité se dissipe, d'entrer en fureur contre elles-mêmes, accablées de honte et de désespoir : elles souhaiteront que leur âme, comme leur corps , rentre dans les abîmes du néant, pour ne pas aller soutenir devant la lumière du tribunal terrible l'opprobre d'une vie insensée, laquelle, par la voie des contraintes , des chagrins et des remords inséparables du crime et des passions , les a menées à l'abîme sans ressource de tous les malheurs.
+. 4. Fias tuas , Domine, demonstra mihi, et semitas tuas edoce me.
■S- . 4. Seigneur, montrez-moi vos voies , et enseignez-moi vos sentiers.
Continuez, grand Dieu, à faire sentir à mon âme tout ce que les voies du monde ont eu pour elle de pénible, de funeste et d'insensé. Que ce souvenir tout seul , ô mon Dieu ! rend vos voies douces et désirables! quel malheur, et quelle ingratitude, si je venais à m'en écarter un seul moment! Montrez-les moi toujours, grand Dieu, ces voies saintes : frayezmoi vous-même les sentiers par ou j'y dois marcher;
car dans votre voie même vous avez marqué différents sentiers , et à chacun de nous celui qui lui est propre, et que vous lui avez destiné : soyez-y, Seigneur, mon guide et mon soutien ; marchez-y toujours devant moi , afin que je ne puisse pas m'y méprendre. Après cela , 6 mon Dieu ! que vous le semiez d'épinea oude fleurs ; que vous aplanissiez cequ'il y ade rude et de difficile à franchir, ou que vous m'en laissiez porter toute la fatigue : pourvu que je sois dans le chemin qui conduit à vous , ô mon Dieu ! cette assurance m'adoucira tout ; je serai sûre du moins que je ne marche pas en vain , que tous mes pas me conduisent au terme , que j'y touche à chaque instant ; et qu'il serait insensé de se rebuter, lorsqu'on est toujours sur le point d'avoir fini sa carrière.
*. 5. Dirige me in veritate tuâ , et doce me; quia tu es Deus Salvator meus, et te sustinui tolâ die.
t. 5. Conduisez-moi dans la voie droite de votre vérité , et instruisez-moi , parce que vous êtes le Dieu mon Sauveur, et que je vous ai attendu avec eonstance durant tout le jour.
Ne permettez jamais, grand Dieu, que je perde un seul instant de vue la vérité que vous m'avez montrée, en m'ouvrantles yeux sur les erreurs et les vanités du siècle. Les exemples, les situations , nos propres penchants forment sans cesse tant de nuages autour de notre cœur, qu'à moins que vous n'y portiez continuellement lalumière , nous courons risque de retomber dans nos premières ténèbres ; et alors , . grand Dieu, ne marchant plus à la lueur de votre vérité , nous marchons au hasard , et chaque pas devient une chute. Que cette vérité éternelle, ô mon Dieu! qui m'a découvert les biens véritables et seuls dignes de mon amour, me guide donc sans jamais m'abandonner pendant les jours de mon pèlerinage : que cette nuée lumineuse me précède toujours dans les routes dangereuses de ce désert , jusqu'à ce que j'arrive dans la terre promise à mes pères. Ne vous éloignez pas de moi , ô mon Dieu ! car vous êtes vousmême la vérité , qui éclairez tous les hommes qui ne ferment pas les yeux pour ne pas la voir : soyez toujours le docteur invisible de mon âme. Vous l'avez sauvée des périls du siècle; vous m'avez délivrée des pièges de Satan, où l'imprudence et les passions du premier âge m'avaient fuit tomber : vous êtes devenu, ô mon Dieu! doublement mon Sauveur, et je vous appartiens à plus d'un titre : que tant de droits que vous avez sur moi , vous assurent pour toujours votre créature ; qu'ils vous rendent plus jaloux de conserver l'ouvrage de vos miséricordes. C'est dans cette confiance, grand Dieu, quejene me laissepoint abattre dans ces moments de nuage et de dégoût où vous paraissez vous éloigner de moi : je vous at-