DE LA RELIGION
Dieu ne peut se manifester aux hommes que pour leur apprendre ce qu'il est, et ce que les hommes lui doivent; et la religion n'est proprement qu'une lumière divine qui découvre Dieu à l'homme, et qui règle les devoirs de l'homme envers Dieu. Soit que le Très-Haut se montre lui-même à la terre, soit qu'il remplisse de son esprit des hommes extraordinaires, la fin de toutes ses démarches ne peut être que la connaissance et la sanctification de son nom dans l'univers, et l'établissement d'un culte où l'on rende à lui seul ce qui n'est dû qu'à lui seul. {Avent, sermon de la Circoncision.)
L'ancienneté , en matière de religion , est un caractère que la raison respecte; et l'on peut dire qu'une croyance consacrée par la religion des premiers hommes et par la simplicité des premiers temps forme déjà un préjugé en sa faveur. Ce n'est pas que le mensonge ne se glorifie souvent des mêmes titres, et qu'il n'y ait parmi les hommes de vieilles erreurs, qui semblent disputer avec la vérité de l'ancienneté de leur origine; mais à qui veut ensuivre l'histoire, il n'est pas malaisé de remonter jusques à leur naissance : la nouveauté se trouve toujours le caractère le plus constant et le plus inséparable de l'erreur. ( Carême, sermon du jeudi après les Cendres.)
La religion est la fin de tous les desseins de Dieu sur la terre ; tout ce qu'il a fait ici-bas , il ne l'a fait que pour elle. Tout doit servir à son agrandissement; les vertus et les vices, les grands et le peuple, les bons et les mauvais succès, l'abondance ou les calamités publiques, l'élévation ou la décadence