‹ Œuvres de Massillon, évêque de ClermontChapitre 158 sur 235 · DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE

On ne peut trop admirer les merveilles que Dieu à opérées dans tous les temps , pour empêcher que les portes de l'enfer ne prévalussent contre son Église. Il ne leur a opposé d'abord que des hommes simples et obscurs, mais remplis de son esprit de force et de sagesse; et ils ont élevé sur les débris des autels profanes , soutenue de toute la puissance des Césars et des nations les plus formidables répandues dans tout l'univers; ils ont élevé eux seuls l'opprobre de la croix, et le signe adorable du salut de tous les hommes.

Un culte impie , autorisé par la majesté des lois , par la pompe de ses superstitions et de ses cérémonies, par l'antiquité respectable de ses erreurs , par la science et la sagesse de ses sectateurs, par des préjugés communs à tous les peuples , et qui paraissaient avoir pris leur naissance presque avec le monde même; ce culte impie a disparu de dessus la terre à la vue de douze pauvres pécheurs, qui sont venus en manifester aux hommes l'extravagance et l'impiété, et qui ont substitué à la place de ces idoles pompeuses et des dissolutions consacrées à leur culte , le mystère d'un Dieu anéanti , la sévérité de son Évangile, et la folie de la croix. Il fallait qu'une doctrine descendue du ciel trouvât tout l'univers armé contre elle; qu'elle parût sur la terre

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