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DE LA DISSIMULATION

arts s' épuisent pour en diversifier les plaisirs; tous les talents destinés par l'Auteur de la nature à servir à l'ordre et à la décoration de la société, ne servent plus qu'à celle du vice. ( Petit Carême, sermon de la Purification. )

La religion toute seule forme des hommes véritables et sincères; des hommes qui sont trop touchés des égarements des grands pour y applaudir. Ils désirent trop vivement leur salut pour devenir, par des conseils flatteurs, les complices de leur perte. Ils peuvent bien se taire, car il n'est pas toujours temps de parler; mais ils ne sauraient parler que pour rendre gloire à la vérité; et le vice ne trouve jamais auprès d'eux ni ces basses adulations qui l'admirent, ni ces adoucissements artificieux qui le justifient. Des grands apprennent de leur bouche ce que celte foule d'adulateurs qui les environne leur laisse ignorer : eux seuls osent leur contredire et prendre le parti de la vérité contre eux , parce qu'eux seuls ne craignent pas de se rendre moins agréables, pourvu qu'ils se rendent plus utiles : eux seuls n'étudient pas les penchants des grands pour y accommoder âchement leurs suffrages ; mais ils étudient leurs devoirs pour y ramener leurs penchants, parce qu'eux seuls aiment plus leur personne que leur élévation, et sont plus touchés de leur salut que de leurs bienfaits. ( Carême , sermon du mardi de la troisième semaine. )

Les princes naissent d'ordinaire vertueux et avec des inclinations dignes de leur sang. La naissance nous les donne tels qu'ils devraient être; l'adulation toute seule les fait tels qu'ils sont. Gâtés par les louanges , on n'oserait plus leur parler le langage de la vérité; eux seuls ignorent dans leur État ce qu'eux seuls devraient connaître. Ils envoient des ministres pour être informés de ce qui se passe de plus secret dans les cours et dans les royaumes les plus éloignés, et personne n'oseserait leur apprendre ce qui se passe dans leur royaume propre. Les discours flatteurs assiègent leur trône, s'emparent de toutes les avenues, et ne laissent plus d'accès à la vérité; ainsi le souverain est seul étranger au milieu de ses peuples. 11 croit manier les ressorts les plus secrets de l'empire, et il en ignore les événements les plus publics : on lui cache ses pertes, on lui grossit ses avantages; on lui diminue les misères publiques, on le joue à force de le respecter : il ne voit plus rien tel qu'il est , tout lui paraît tel qu'il le souhaite. ( Petit Carême, sermon du premier dimanche. )

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