‹ Œuvres de Massillon, évêque de ClermontChapitre 189 sur 235 · MASS1M.ON. — TOME · texte numérisé non relu

MASS1M.ON. — TOME

cherche. Mais l'éclat du rang , des titres et de la puissance, dissipe bientôt cette vaine illusion. On a beau monter, et être porté sur les ailes de la fortune au-dessus de tous les autres, la félicité se trouve toujours placée plus haut que nous-mêmes ; plus on s'élève, plus elle semble s'éloigner de nous. {Petit Carême, sermon du troisième dimanche.)

Tout ce qui environne les grands ne les rend point heureux : tout ce qui est hors de nous, ne saurait jamais faire un bonheur pour nous. Les plaisirs occupent les dehors, le dedans est toujours vide. Tout paraît joie pour les grands , et tout se tourne en ennui pour eux. Plus les plaisirs se multiplient, plus ils s'usent. Ce n'est pas être heureux, que de n'avoir plus rien à désirer : c'est perdre le plaisir de l'erreur, et le plaisir n'est que dans l'erreur qui l'attend et qui le désire. La grandeur elle-même est un poids qui lasse: les chagrins et les noirs soucis montent, et vont s'asseoir avec le souverain sur le trône. Le diadème qui orne le front auguste des rois, n'est souvent armé que de pointes et d'épines qui le déchirent ; et les grands, loin d'être les plus heureux, ne sont que les tristes témoins qu'on ne peut l'être sur la terre. Le monde étale des prospérités, le monde ne fait point d'heureux ; les grands nous montrent ie bonheur, et ils ne l'ont pas. {Oraison funèbre de M. le Dauphin.)

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