‹ Œuvres de Massillon, évêque de ClermontChapitre 190 sur 235 · DE L'HÉRÉSIE · texte numérisé non relu

DE L'HÉRÉSIE

L'oraison de l'hérésie a toujours quelque chose de honteux. Comme l'orgueil et la licence en forment les premières sources , il faut tirer le voile sur les premiers temps qui les établirent parmi les hommes. On y voit les passions les plus honteuses présider à la naissance de ces ouvrages de ténèbres, leur donner la forme, l'accroissement et le progrès ; et, semblables à ces enfants infortunés qui sont le triste fruit du crime de leurs pères , il ne faut , pour les couvrir de confusion, que les rappeler à leur origine.

Dieu permet que les censeurs téméraires de sa doctrine se jettent eux-mêmes dans des contradictions inexplicables, où ils se trouvent pris comme dans un piège d'où ils ne sauraient se tirer. C'est la destinée de l'erreur, de former de ses propres mains le glaive qui doit lui porter le coup mortel. Il n'y a qu'à la laisser faire elle-même; toutes les machines qu'elle élève à grands frais pour ébranler l'édifice auguste de la foi, retombent enfin sur sa tête orgueilleuse, et achèvent de l'écraser. {Paraphrase du ps. IX.)

L'hérésie, d'abord timide dans sa naissance, va toujours en croissant , et ne garde plus de mesure

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