ET COMMENT EI-LES SE RELEVENT
avoir placés à l'entrée du monde moderne, pour nous montrer, d'une part, comment les nations tombent et de l'autre comment elles peuvent se relever.
Il y avait au siècle dernier, vers l'orient de l'Europe, une nation fière et chevaleresque entre toutes. Dieu l'avait douée de toutes les qualités qui font un grand peuple. L'intelligence et la bravoure s'alliaient chez elle à l'ardeur d'une foi qui ne savait reculer devant aucun sacrifice. Apôtre armé du christianisme, cette race vaillante avait porté tout autour d'elle les lumières de l'Évangile ; et dans cette longue croisade pour la justice et pour la vérité on l'avait vue maintes fois opposer à la barbarie orientale une barrière infranchissable. Bref, elle était là aux avant-postes de la chrétienté, la couvrant de son épée à l'heure du péril, et, sous le sceptre des Ladislas et des Sigismond-Auguste, l'on pouvait se demander où s'arrêteraient les destinées d'un pays qui possédait de telles ressources. Mais un vice intérieur minait la Pologne : l'indiscipline et l'esprit de parti. Au lieu de s'attacher à la grande institution nationale qui avait fait sa force et son unité, elle ne sembla préoccupée que
du soin de raffaiblir et de la combattre, aimant mieux livrer le pouvoir au hasard des compétitions que de rétablir sur les bases indiquées par la nature et par sa propre histoire. Elle devait dès lors épuiser son énergie dans des luttes stériles, et ne plus retrouver, devant l'étranger menaçant et uni , des forces qu'elle avait eu le tort de tourner contre elle-même. Vainement, de Sobieski à Kosciuzko, des héros surgirent de son sein pour soutenir la patrie défaillante : Il n'y a pas d'héroïsme qui puisse infirmer cette parole du Sauveur : « Tout royaume divisé contre lui-même sera désolé. » Vous savez le reste : Après neuf siècles de splendeurs et de gloires, la Pologne s'affaissa sur elle-même, succombant sous ses propres fautes, plus encore que sous les coups des vainqueurs avides de s'en partager les dépouilles.
Douloureux spectacle qui s'offre à nous, sur le seuil du monde moderne, pour nous rappeler que les peuples, pas plus que les individus, ne saui'aient violer impunément les lois de la vie, et que si l'union fait la force, la division produit l'impuissance et la mort! Mais Dieu, qui parle par la voix des événements, voulait nous