SUR LA SITUATION PRESENTE
Après les promesses, qui ne pouvaient tromper personne, voici venir le tour des menaces. Hier, c'était une fausse indépendance que l'on offrait aux prêtres, pour les détacher de leurs Évêques ; aujourd'hui, c'est par la crainte d'une privation du temporel que l'on essaie d'agir sur eux. Le clergé de France ne sera pas plus accessible à la peur qu'à la séduction. Il y a longtemps que saint Cyprien le disait : Sacerdos Dei Evangelium tenens et Christi prœcepta custodiens occidi potest, non potest vinci. « Le prêtre de Dieu, l'Évangile à la main et les préceptes du Christ dans le cœur, peut être mis à mort, mais il ne saurait être vaincu (1). » On devrait pourtant le savoir, en France surtout. Et pourquoi ces menaces? où serait le motif de ces vexations que Ton annonce tous les matins ? Ce mot d'un Pèro de l'Église reste toujours vrai : qui non terremus, nec timemus : « Nous ne craignons pas plus que nous ne cherchons à nous faire craindre. » Ce n'est pas du clergé que viendra jamais aucune attaque contre les véritables droits de l'État ; car notre ligne de conduite est tout entière dans ces
(l) Ép. XII au Pape S. Corneille.