DU CLERGE DE FRANCE
magnifiques paroles que prononçait naguère le chef de la maison de France pour marquer les rapports de la puissance ecclésiastique avec la puissance civile : « Pleine liberté de l'Église dans les choses spirituelles, indépendance souveraine de l'État dans les choses temporelles, parfait accord de l'un et de l'autre dans les questions mixtes ; tels sont les principes qui, au sein des sociétés chrétiennes, doivent aujourd'hui plus que jamais régler les rapports des deux puissances pour le bien de la religion et le bonheur des peuples. » Voilà notre programme : programme de paix, de liberté, de respect mutuel, de dévouement réciproque ; hors de là il n'y a que trouble et conflit.
Espérons que, malgré les apparences contraires, ces grandes et nobles idées finiront par triompher dans l'esprit de nos contemporains. Il est sans doute bien pénible pour notre patriotisme de voir qu'au moment où il s'opère dans le monde entier un mouvement d'opinion si considérable en faveur de l'Église et de son auguste chef, quelques Français (devrais-je bien les appeler de ce nom ?) s'attardent dans des voies au bout desquelles il ne saurait y avoir que
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d'amères déceptions. Mais il ne faut pas oublier ce que disait déjà, au xvne siècle, Balzac, dans son livre du Prince : « C'est Dieu qui a pris un soin particulier de la France abandonnée, et a voulu être son curateur dans la confusion de ses affaires ; c'est sa Providence qui a perpétuellement combattu contre l'imprudence des hommes ; c'est le Ciel qui a fait autant de miracles qu'ils faisaient de fautes. » Ne faisons pas de fautes, Messieurs, et remettons-nous en à la Providence du soin de conduire nos affaires pour l'année 1882, dans le sens du droit et de l'honneur national, de la justice et de la vérité.
ALLOCUTION