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se pénétrant ainsi sans se confondre, ces qualités modérées les unes par les autres ont fait au peuple français un tempérament unique comme le sol qui lui est échu en partage. Or, s'il est une région où ces éléments se soient fondus dans une harmonie parfaite, où le Nord et le Midi en présence Tun de Taulre aient mêlé leurs races et leurs langues mêmes, où Ton ait vu s'établir peut-être mieux qu'ailleurs ce qui pourrait s'appeler l'équilibre de la France, c'est bien le pays où la nature et l'industrie ont su faire d'Angoulêmeun foyer si puissant de richesse et de vie.
Pourquoi faut-il que la religion n'ait pas gardé dans cette riche et belle contrée la grande situation dont témoignent avec tant d'éclat les monuments d'un autre âge? Il semble que, de siècle en siècle, tout soit venu se réunir pour y amener l'affaiblissement de la foi, depuis l'hérésie calviniste, nulle autre part plus audacieuse, jusqu'à la Révolution avec ses haines et ses passions irréligieuses. Encore si, dès la restauration du culte, les œuvres et les institutions catholiques avaient reçu d'en haut une vigoureuse impulsion ; mais près de vingt ans allaient se passer, avant que l'on songeât à créer les éta-
blissemenls indispensables pour assurer ce qui fait la vie d'un diocèse : le recrutement du sacerdoce. Pour relever les ruines du passé, et pour jeter les fondements d'un meilleur avenir, il fallut attendre l'avènement des Guigou, des Régnier et des Cousseau, de ces pieux et zélés prélats dont le nouvel évêque d'Angoulême était appelé à reprendre et à continuer les travaux.
J'ai dit, Mes Frères, que le recrutement du sacerdoce est le point capital dans la vie d'un diocèse. Le sacerdoce n'est-il pas, en effet, l'instrument nécessaire de la foi, de la grâce et du salut? Tel fut le premier mot de M^'' Sébaux dès son arrivée à Angoulême ; et c'est aussi la dernière œuvre à laquelle il ait consacré ses efforts (1). « Si parmi nous trop souvent la foi paraît stérile, vous écrivait-il tout en rendant hommage au zèle de ses vénérables prédécesseurs, si les pratiques chrétiennes sont délaissées, si bien des églises sont presque désertes, même aux jours où devraient s'y presser les foules, n'est-ce pas surtout parce que, depuis
(1) Circulaire du 11 octobre 1873 ; lettre pastorale du 3 décembre de la môme année.
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longtemps, les prêtres, en ce diocèse, ont fait défaut, que leur nombre n'a pas été en rapport avec les besoins des peuples, que des troupeaux entiers sont restés sans pasteurs. » Cette disette d'ouvriers évangéliques devint la préoccupation constante de son épiscopat. Heureux si, à force de soins et d'activité, il pouvait obtenir ce résultat si consolant que le diocèse pût un jour se suffire à lui-même et vivre de sa vie propre, au lieu de chercher ailleurs des auxiliaires précieux, sans doute, mais qui, à leur tour, viendraient à manquer. Lettres, circulaires, instructions pastorales, il multiplie à cette fin tous les appels que lui suggère une sollicitude sans bornes. C'est chose vraiment touchante de voir avec quelle émotion il fait part chaque année à son troupeau de ses joies ou de ses peines, suivant que monte ou que s'abaisse le chiffre des élèves du sanctuaire ; avec quelle sagesse et quelle expérience des âmes il enseigne aux parents et au clergé lui-même l'art de cultiver les vocations sacerdotales. On sent que l'ancien supérieur de Laval a laissé son cœur dans cette œuvre des œuvres et que l'évêque ne se donnera pas de relâche « tant que ce beau diocèse, auquel la Providence
a prodigué avec une si grande libéralité les biens de la terre, ne sera pas moins riche de grâces et de mérites pour le ciel ».
C'est beaucoup, sans doute, pour le bien des âmes, de pouvoir doter chaque paroisse d'un prêtre au lieu d'être réduit à en confier plusieurs aux soins d'un seul ; mais, ce qu'il importe davantage encore, c'est de maintenir dans le clergé, avec le sentiment du devoir, l'intégrité de la vie. Vous savez, Mes Frères, si M^"" Sébaux apportait sur le siège d'Angoulême un zèle ardent pour la discipline. Il pensait avec saint Augustin « que la discipline de l'Église est comme la tunique qui recouvre et qui protège le corps du Christ » : Tunica corporis Christi, disciplina Ecclesiœ est (1). De là ces statuts diocésains délibérés avec tant de maturité et empreints d'un si grand esprit de justice ; de là ces ordonnances et ces avis réglant jusque dans les moindres détails les actes du ministère ecclésiastique ; de là , enfin , ce désir extrême de suivre en toutes choses les prescriptions du droit, afin de laisser le moins de part possible à Tar-
(1) De duodecira abusionum gradibus, cap. xi.
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bitraire et à l'imprévu. Aussi bien trouvait-il à ses côtés, pour le seconder dans cette partie de sa tâche, un prêtre éminent, dans lequel nous aimons à saluer l'un des maîtres de la science du droit canonique en France (1). Père avant tout, révêque aimait tendrement ses prêtres ; en même temps qu'il cherchait à sauvegarder l'honneur et la dignité de leur caractère, il mettait tout en œuvre pour subvenir à leurs besoins, ne négligeant rien pour reconstituer la caisse de secours et de retraites suspendue depuis tant d'années, au grand dommage des vétérans du sacerdoce. Ainsi s'appliquait-il, sans relâche et sans découragement, à ce qu'il considérait comme le premier devoir de sa charge et le plus grand intérêt du diocèse : le recrutement et la formation du clergé.
Si l'éducation et l'instruction chrétiennes de l'enfance commandent en tout temps l'attention de révêque, elles deviennent pour lui le plus grave des soucis, à une époque où la lutte entre la foi et l'incrédulité est venue se placer sur ce terrain de préférence à tout autre. L'évêque
(1) M. l'abbé Planchard, vicaire capitulaire.
d'Angoulême avait l'esprit trop juste et le coup d'œil trop pénétrant, pour ne pas voir qu'il s'agissait là d'une question de vie ou de mort pour la France chrétienne. Avec tous ses collègues dans l'épiscopat, il considérait les nouvelles lois scolaires comme « absolument contraires aux droits de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, son divin Fils, sauveur des hommes ; aux droits et aux devoire religieux des parents et des enfants ; à la paix et à l'avenir moral de la France (1) ». « Pauvres enfants, s'écriait-il au milieu de vous avec l'accent d'une tristesse profonde, on vous enseignera beaucoup de choses plus ou moins utiles, mais on vous laissera ignorer ce qu'il vous importe le plus de savoir : la science de la vertu, de vos devoirs et de votre salut. Nés pour connaître, aimer et servir Dieu, devenus ses enfants par le baptême, incorporés à son Église et destinés au ciel, on gardera pour vous, sur ces grandes choses, un funeste silence et l'on vous élèvera sans autre but, sans autre horizon que la vie présente, ses plaisirs, ses honneurs et ses intérêts, sans souci de votre
(1) Circulaire du 17 juin IHSi.
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dignité chrétienne et de vos immortelles espérances! Heureux encore si l'on n'attaque pas souvent ce que vous pouvez apprendre au foyer domestique ou recueillir de la bouche de vos zélés pasteurs (I). »
Et, ce n'étaient pas là, Mes Frères, des plaintes destinées à demeurer stériles. Sachant fort bien que le nouveau mode d'éducation ne finirait qu'avec le régime même dont il est le produit naturel, M^"" Sébaux ajoutait aux paroles des actes et combattait le mal par des institutions. Non content d'éclairer les fidèles par d'éloquentes instructions sur le devoir de la charité, et d'exciter leur zèle pour la fondation d'écoles libres, il donne lui-même l'exemple de la générosité. Si le manque de ressources l'oblige, à son grand regret, de suspendre l'école ecclésiastique de Ruffec, c'est dans sa ville épiscopale ellemême qu'il va concentrer ses efforts, pour la doter d'un établissement pouvant offrir aux familles, avec le bienfait de l'éducation chrétienne, tous les avantages de l'instruction classique. Et alors, le voici qui s'élève à
(1) Circulaire du 17 juin T. m
Angoulême, fruit des sacrifices personnels de révêque, ce collège Saint-Paul avec sa jeune population croissant d'année en année, ses maîtres si distingués et ses promesses d'avenir déjà si bien justifiées par les succès du passé. Grande et belle institution, qui suffirait à elle seule pour faire bénir à jamais la mémoire du généreux Prélat, en montrant avec quelle intelligence des besoins de l'Église et de la société il savait comprendre l'importance et la nécessité de l'enseignement chrétien à tous ses degrés. Je dis à tous ses degrés : car l'Université d'Angers, à son tour, se souviendra toujours de ce qu'elle doit aux affectueuses sympathies et à la protection efficace de M^"" Sébaux. Chaque année, alors même que déjà cette visite était devenue pour lui une fatigue, nous le voyions arriver au milieu de nous, s'excusant avec une grâce parfaite de ce que la Charente, et non pas le Pactole, coulait à Angoulême, mais nous apportant, ce qui vaut bien un trésor, la rectitude d'un esprit ouvert à toutes les choses de la science et les lumières d'une expérience consommée. Aussi nos Facultés catholiques ont-elles mêlé leur deuil à celui de l'Église d'Angoulême, et leurs annales comme
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les vôtres garderont pieusement le nom et le souvenir du Prélat qui, dès leur origine, avait su en apprécier la mission, en prêtant à cette grande œuvre le concours de sa parole et de son autorité.
Homme d'œuvres et d'action, il l'était, en effet, dans le sens le plus fécond du mot. C'était son ambition, que le diocèse d'Angoulême prît une large part à toutes les créations du zèle et de la charité catholiques. A la fin de chaque année, il aimait à vous rendre compte à vous-mêmes de vos efforts, soit pour payer au Souverain Pontife le tribut de la piété filiale, soit pour aider à la défense et à la propagation de la foi dans le monde entier. Justement préoccupé des conditions matérielles et morales de la classe ouvrière, il applaudissait au dévouement des hommes généreux qui, dans sa ville épiscopale, prennent à cœur d'améliorer le sort des travailleurs, en les admettant à la participation aux bénéfices résultant d'une œuvre commune. Sous une direction habile à grouper toutes les bonnes volontés, de pieuses associations unissaient leurs forces, des comités catholiques se formaient à l'appel de l'Évêque ; et c'est avec un sentiment de juste
satisfaction, qu'il pouvait dire dans l'élan de sa reconnaissance : « La charité et les œuvres ont fait à Angoulême des progrès incontestables. » Ceux qui ont eu, comme moi, le bonheur d'assister à l'une de ces assemblées annuelles de catholiques, aux fêtes de la Pentecôte, ont pu juger de leur éclat. Il n'est peut-être pas, à l'heure présente, de ville en France où de pareilles réunions donnent lieu à des manifestations plus splendides et plus consolantes.
Et comment, Mes Frères, un réveil si puissant de l'esprit chrétien n'aurait-il pas été le fruit de ces dix-huit années de labeurs? L'épiscopat de M^"" Sébaux a-t-il été autre chose qu'un apostolat continuel? En quittant la ville d'Angoulême pour commencer sa dernière visite pastorale, il disait : « Les Pères Capucins viennent de nous prêcher une admirable mission ; nous allons continuer leur œuvre à travers le diocèse. » Chacune de ses visites dans une paroisse était en effet une véritable mission. Il prêchait du matin au soir, aux grands et aux petits, à chaque exercice de la journée, profitant même de la procession au cimetière pour y parler de l'immortalité sur la tombe des défunts. Sans doute, ce
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n'est pas le même accueil partout : il est des terres ingrates où la semence de l'Évangile ne lève plus depuis longtemps. L'absence de foi, la recherche immodérée des biens terrestres arrêtent toute pensée supérieure au souci de la prospérité matérielle. Mais il y a tant de bonté dans ce sourire d'un père, et dans son langage un tel accent de conviction et de sincérité, que les plus indifférents eux-mêmes ne peuvent se défendre d'en ressentir quelque émotion. Si cet appel du cœur au retour à Dieu et à la religion n'est pas toujours suivi d'effets immédiats, il n'en reste pas moins une impression salutaire et qui, avec le secours de la grâce, appellera quelque jour le pardon et la miséricorde. W" Sébaux le pensait ainsi, en se prodiguant avec un dévouement sans bornes. A ces prédications, trop prolongées peut-être au gré de ceux dont l'amitié aurait voulu modérer son ardeur, rhomme apostolique ne pourra manquer d'épuiser ses forces ; mais si l'on savait combien il en coûte à un Évêque de ménager sa personne en présence de tant d'âmes à sauver, on comprendrait mieux ce défaut de calcul dans la dépense de soi-même. Toujours est-il que vos honnêtes
et laborieuses campagnes ne perdront jamais le souvenir du pieux prélat qui trouvait son bonheur au milieu d'elles, affable envers tous, avec un mot du cœur pour chacun, ne se plaignant jamais de rien ni de personne, ayant à cet égard les tendresses d'une mère, parfois même quelque peu les illusions, et laissant aux populations qu'il venait de visiter une image fidèle de Celui qui passait en faisant le bien : Transiit benefaciendo.
Si l'extrême modestie de M^"" Sébaux ne l'avait pas porté à trop s'effacer lui-même, un rôle plus actif lui semblait réservé dans les luttes doctrinales de son temps. Tout l'appelait à y marquer avec éclat : de vastes connaissances et une grande pénétration d'esprit, jointes à un attachement inviolable aux principes. Ce n'était pas que l'administration consciencieuse de son diocèse lui fît perdre de vue les affaires générales de l'Église et de la France. Personne ne suivait avec plus d'attention le mouvement des idées, ni ne se tenait mieux au courant de tout ce qui pouvait intéresser la religion et le pays. La doctrine lui paraissait-elle avoir reçu quelque atteinte de la part du libéralisme et du natura-
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lisme, les deux erreurs qu'il redoutait par-dessus tout? Y avait-il lieu de craindre qu'en s'engageant dans telle voie ou en cédant à telles tendances on ne finît par mettre en péril l'intégrité de la foi ? L'évêque d'Angoulême aimait trop qu'on fit le silence autour de sa personne, pour se mettre en avant et pousser lui-même le cri d'alarme ; mais ses observations inquiètes, ses craintes inspirées par le zèle de la doctrine, il les portait là même où l'on pouvait conjurer le danger ; et, à Rome comme ailleurs, on admirait une sagacité et une vigilance que l'erreur la plus subtile ne parvenait pas à mettre en défaut.
Cette sûreté de doctrine et cette fidélité aux principes, M^'" Sébaux les portait dans ses rapports avec le pouvoir civil. Il avait l'esprit trop théologique pour confondre deux domaines distincts par leur nature même ; et si les droits et la liberté de l'Église trouvaient dans l'évêque d'Angoulême un défenseur inébranlable, nul ne songeait moins que lui à porter atteinte aux justes attributions de l'État. Il savait que même les pouvoirs de fait ont droit à l'obéissance du citoyen, en tout ce qui n'est pas contraire à la
loi de Dieu. Aussi n'y avait-il pas de conflit à craindre d'une nature aussi pacifique que la sienne, pourvu qu'on ne lui demandât rien que sa conscience ou sa dignité ne lui permît pas d'accorder. Toute adhésion à un régime ayant pour base l'athéisme politique et social lui eût semblé plus qu'une faute. Certes, avec son sens ferme et droit, il ne pouvait admettre que la politique soit chose indifférente pour l'avenir d'un pays, ni que le clergé puisse ou doive se désintéresser des affaires publiques, surtout quand la religion est en cause. Mais tout en tenant éloignées de la chaire les discussions de ce genre, il n'entendait pas que l'on se souciât peu d'une lutte où il y va de la vie d'un peuple. On le vit bien lorsque, dans une circonstance récente, applaudissant aux efforts des catholiques pour se concerter et s'unir sur le terrain des intérêts religieux, il ajoutait : « Suit-il de là que l'Église enseigne l'indifférence à l'égard du droit historique, des traditions et des institutions politiques d'un pays ; qu'elle demande le sacrifice des opinions personnelles, inspirées par un désir sincère du bien public? Non, elle éclaire, subor-
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donne, mais ne supprime pas... (1). » Sages et fermes paroles, les dernières que l'évêque d'Angoulême ait fait entendre au pays : elles montrent à quel point cet éminent esprit savait se défendre de toute exagération pour rester dans la mesure du juste et du vrai.
Et maintenant, cher et vénérable ami, vous ne serez plus là pour nous aider de vos conseils, pour nous soutenir et nous encourager dans nos luttes. Vous nous quittez au moment où vous commenciez à récolter le fruit de vos travaux, où le diocèse, remué par votre zèle, se renouvelait dans sa vie et dans ses œuvres. Vous nous quittez au milieu des douleurs du présent et devant les incertitudes de l'avenir, à la veille des combats nouveaux qui se préparent et pour lesquels votre sagesse et votre fermeté nous auraient prêté un concours si précieux. Mais du moins vos exemples et les œuvres que vous laissez après vous demeureront, pour vos successeurs, un héritage impérissable de lumières et de forces. Cette église d'Angoulême à laquelle
(1) Lettre à l'Archevêque de Paris, du 16 mars 1891.
VOUS attachaient des liens si tendres et si forts, vous Taimerez d'un amour encore plus ardent au sein de la patrie céleste; et tandis que votre nom restera gravé dans son histoire à travers les siècles, vos prières la suivront dans le cours de ses destinées comme un gage de protection. Pour moi, Vénérable Frère, qui suis venu en ce jour consoler votre famille spirituelle par le tableau d'une vie d'évêque, l'une des plus édifiantes de ce siècle , qu'il me soit permis de répéter , en terminant, ces paroles de saint Grégoire de Nazianze rendant à un grand évêque les derniers devoirs de l'amitié : Hœc habes a nobis, a lingua quondam tibi suavi, atque honore et œtate œquali (1) : Agréez ce faible hommage d'une voix qui vous était chère, parce qu'elle retentissait à votre cœur comme la voix de l'amitié, et d'une amitié que ni le temps ni la distance n'avaient pu affaiblir. Un jour viendra où je devrai à mon tour aller rendre compte à Dieu d'un ministère qui déjà se prolonge dans une vie moins paisible sans doute que n'aura été
(1) Oratio XLIII, n» 82.
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la vôtre. Puissé-je, d'ici là, suivre la voie que vos vertus nous ont tracée ; et puissent les liens que la charité fraternelle avait formés entre nous sur la terre nous unir au ciel dans Téternelle félicité ! Ainsi soit-il !
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PRONONCEE