DES APOTRES SAINT PIERRE ET SAINT PAUL
Mes Chers Enfants,
J'ai voulu profiter de la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul pour vous faire ma visite. Je ne suis pas venu au milieu de vous jusqu'ici aussi souvent que je compte le faire par la suite. Vous connaissez les événements extraordinaires qui ont fait de cette année une année exceptionnelle entre toutes. Vous-mêmes, vous avez été obligés d'interrompre le cours de vos études ; et, pendant plusieurs mois, cette maison de la science et de la prière a reçu dans ses murs des hôtes inaccoutumés. Mais cette période de
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votre vie lévitique n'aura pas été infructueuse pour vous ; elle vous aura fourni Toccasion de faire l'apprentissage du sacrifice , et vous en avez profité d'une manière ou d'une autre; aussi ai-je pu être fier de mon séminaire. A l'appel de la religion et de la patrie, plusieurs d'entre vous n'ont pas hésité à s'exposer aux périls d'une lutte, où les intérêts de TÉglise se trouvaient engagés plus encore que ceux du pays. Car derrière l'abaissement de la France, il y avait, pour tous les esprits clairvoyants, la diminution de l'influence catholique et l'impossibilité de rétablir le Saint-Père dans son pouvoir temporel, en l'absence de la seule nation catholique qui soit en état de le faire. Voilà ce qui a motivé de votre part un élan de générosité en harmonie avec une situation telle qu'il ne s'en rencontre pas deux fois dans la vie d'un peuple. D'autres se sont dévoués au service des blessés dans les ambulances; et je puis leur dire que leur conduite a été un objet d'édification pour tous ceux qui se sont trouvés en contact avec eux. Adversaires ou amis, tous ont rendu hommage à un zèle qui ne reculait devant aucune fatigue ; et le souvenir de ces choses ne s'efl'acera pas de si tôt
parmi nous, soyez-en sûrs, pour le plus grand bien de la religion. Car le dévouement frappe les esprits et saisit les cœurs plus que ne sauraient faire toutes les prédications. J'attribue ce résultat tout d'abord à l'excellente éducation que vous donne cette pieuse compagnie de Saint-Sulpice, si éminemment française, et qui est sortie pour ainsi dire des entrailles du pays à l'époque la plus glorieuse de notre histoire nationale. Je l'attribue également aux qualités dont la nature et la grâce se sont plu à enrichir le caractère angevin, pour en faire l'un des mieux doués. A Rome déjà, les évêques missionnaires me disaient qu'en fait de générosité et d'ardeur pour le salut des âmes, les enfants de l'Anjou tenaient le premier rang parmi leurs prêtres ; et mes tournées pastorales, en me permettant de voir de près et d'apprécier par moi-même le zèle de mon clergé, m'ont prouvé que sa réputation n'était pas au-dessus de la réalité.
J'avais besoin de vous dire ces choses et d'épancher mon cœur devant vous dans ce premier entretien. Car, bien que j'aie eu l'occasion de voir et d'entretenir quelques-uns d'entre vous à l'époque des ordinations, je n'avais pas encore