‹ Œuvres de Mgr. Freppel (volume 4)Chapitre 79 sur 84 · OBSÈQUES DE M. JOSEPH DE LA BOUILLERIE · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE M. JOSEPH DE LA BOUILLERIE

LIEUTENANT DE DRAGONS Le vendredi 17 août 1888

Mes Très Chers Frères,

C'est le cœur brisé de douleur que je suis venu présider cette cérémonie funèbre. S'il est un jeune homme sur lequel j'aimais à fonder mes espérances pour l'avenir de cette contrée, c'est bien celui qu'un terrible accident vient d'enlever prématurément à sa famille, à ses proches et à ses nombreux amis. Nature d'élite, le noble défunt réunissait en lui les plus belles qualités

de l'esprit et du cœur. Au début d'une carrière où l'attendaient, sans nul doute, de brillants succès, il s'était montré le type de l'officier français, attaché aux devoirs de sa profession, jaloux de l'honneur de son arme, portant au plus haut degré de dévouement l'amour de son pays. Quel sens ferme et droit ! Quelle sûreté de coup d'œil et quelle rectitude de jugement dans son appréciation des hommes et des choses! Il m'a été rarement donné de rencontrer dans ma vie un homme si jeune encore et déjà si mûr dans le raisonnement comme dans l'action. Tel on l'avait vu à Saint-Cyr et à l'École de Saumur, tel il était au régiment, estimé de ses chefs, aimé de ses camarades d'armes, juste et affable envers tous, n'ayant d'autre souci que l'intérêt de chacun. Que de promesses pour l'avenir, dans cette intelligence servie par un cœur si dévoué et un si noble caractère !

Que dirai-je de son esprit de foi et de sa piété ? Ses traditions de famille ne s'étaient pas démenties un seul instant, au milieu des dangers du monde et des séductions de la jeunesse. Dans un livre plein du charme de l'innocence et de la piété filiale, il s'était fait l'historien de toutes les

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