I.1VRF, III, CHAP. V
pourquoy non? et, selon su mesure, une intelligence amoureuse plus licencieuse et plus actilve,
St blando neqtteal snpcresse labori
Mais n’est ce pas grande impudence, d’apporter nos imperfections et faiblesses en lieu où noos desirons plaire et y laisser bonne estime de nous et recommendation? Pour ce peu qu’il m’en fault à ceste heure,
Ad unum
Mollis opus *,
je ne vouldrois importuner une personne que j’ay à révérer et craindre :
Fuge tuiplcari,
Cujul undentim irepidavil celai Claudere luslram*.
Nature se debvoit contenter d’avoir rendu cest aage misérable sans le rendre eneorcs ridicule. Je hais de le veoir, pour un poulce de chestifve vigueur qui l’eschauffc trois fois la sepmaine, s’empresser et se gendarmer de pareille aspreté, comme s’il avoit quelque grande et légitimé journée dans le ventre, un vray feu d’estoupe, et admire sa cuisson, si vifvc et frétillante, en un moment si lourdement congelée et esteincte. Cest appétit nedebvroit appartenir qu’à la fleur d’une belle jeunesse ; fiez vous y pour veoir à seconder ceste ardeur indefatigable, pleine, constante et magnanime qui est en vous; il vous la lairra vrayement en beau chemin; renvoyez le hardiement pluslost vers quelque enfance molle, estonnée et ignorante qui tremble encores soubs la verge et en rougisse :
Indum sangulneo velu fl violaveril os tro
SI quis ebur, vel mixta ruban ubi lilla mulia
Alba rosa
Qui peult attendre le lendemain, sans mourir de honte, le desdaing de ces beaux yeulx consents de sa lascheté et impertinence,
El tacill facere lamen convlcia vullus *,
(I) S'il succombe, au Haisir inhabile.
Virc., Gtorg., III, 137, trad. de Delille.
(4) pouvant A peine réussir une fois. Hor., Epod., XII, 15.
(31 Ne craignez rien d'un homme dont le onzième lustre est déjà fermé, lion., Od., Il, 4, 13.
(4) Comme un ivoire éclatant marqué de pourpre, comme des Us mélés avec des roses. Virg., Entide, XII, 67.
(5) Qu'ils nous reprochent dans leur silence mène. Ov., Ainor., 1,7, tl.
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il n’a jamais senty le contentement et la fierté de les leur avoir battus et ternis par le vigoreux exercice d’une nuic.l officieuse et actifve. Quand j’en ay veu quoiqu’une s’ennuyer de moy, je n’en ay point incontinent accusé sa Iegerelé ; j’ay mis en doubte si je n’avois pas raison de m’en prendre à nature plustost. Certes elle m’a traicté illégitimement et iucivilcment,
Si non tonga unie, si non baie menlula rraua : JYirnintm saplunt, videnlqtte pclnom J tatronœ qaoque menlulam tlllbenler 1 ;
et d’une lésion enormissime. Chascune de mes pièces est egualement mienne que toute aultre, et nulle aultre ne me faict plus proprement homme que ceste cy.
Je doibs au public universellement mon pourtraict. La sagesse de ma leçon est en vérité, en liberté, en essence toute; desdaignant, au roolle de ses vravs debvoirs, ces petites réglés feinctes, usuelles, provinciales; naturelle toute, coustante, generale, de laquelle sont filles, mais bastardes, la ci \ ilité, la cerimonie. Nous aurons bien les vices de l'apparence quand nous aurons eu ceulx de l’essence; quand nous aurons faict à ceulx icy, nous courrons sus aux aultres si nous trouvons qu’il y faille courir ; car il y a dangier que nous fantasions des offices nouveaux pour excuser nostre négligence envers les naturels offices et pour les confondre. Qu’il soit ainsin, il se veoid qu'es lieux où les faultes sont maléfices, les maléfices ne sont que faultes; qu’ès nations où les loixde la bienséance sont plus rares et lasches, les loix primitives de la raison commune sont mieulx observées, l'innumerable multitude de tant de debvoirs suffoquant nostre soing, l’allanguissant et dissipant. L’application aux legieres choses nous retire des justes. Oh ! que ces hommes superficiels prennent une route facile et plausible au prix de la nostre! Ce sont umbragos de quoy nous nous plastrons et entre • payons ; mais nous n’en payons pas, ains en rechargeons nostre debte envers ce grand juge qui trousse nos panneaux et haillons d’autour nos parties honteuses et ne se feind point à
(I) De ces trois vers, le premier est le commencement d’une épi gramme des r rlerum Pofianon Catalecia, intitulée Prlapus ; les autre* sont tiré* d’une autre épigramme du même recueil, intitulée ad Motronas. Aucun des trois vers ne peut ètru traduit C.
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nous venir par tout, jusques à nos intimes et plus secrettes ordures, utile decence de nostre virginale pudeur si plie iuy pouvoit interdire ■cestc deseouverté. Enfin , qui desniaiseroit i’hommo d’une si scrupuleuse superstition verbale n’apporteroit pas grande perte au monde. Nostre vie est partie en folie, partie en prudence. Qui n’en escript que reversement et régulièrement, il en laisse en arriéré plus de la moitié. Je ne m’excuse pas envers moy, et si je le faisois, ce seroit plustost de mes excuses que je m’excuserois que d'aultre mienne faulte ; je m’excuse à certaines humeurs que j’estime plus fortes en nombre que celles qui sont de mon costc. En leur considération je diray encores cecy (car je desire de contenter chascun, chose pourtant très difficile; £*se unumhuminem accommodalum ud tnntam morum uc sermonum ad volunlalum raritlatem ' ) : qu’ils n’ont à se prendre proprement à moy de ce que je fois dire aux auctorites receues et approuvées de plusieurs siècles, et que ce n’est pas raison qu’à faulte de rhvthme ils me refusent la dispense que mesme des hommes ecclesiastiques, des nostres et des plus crêtés, jouissent en ce siecle. En voicy deux :
mmnta, dlspeream, ni monotjrnmmn tua «il *.
Cn vit (faiay la contente et bien Iraicte.
Quoy tant d’aultres? J'ayme la modestie, et n’est pas jugement que j’ay choisi ceste sorte de parler scandaleux ; c’est nature qui l’a choisi pour moy. Je ne le loue non plus que toutes formes contraires à l’usage receu ; mais je l’excuse, et, par circonstances tant generales que particulières, en allégé l’accusation.
Suvvons. Pareillement d’où peult venir ceste usurpation d’auclorité souveraine que vous prenez sur celles qui vous favorisent à leurs despens,
Al furtiva dédit tiigra inmiutcula noctes,
(I) Qu'un sent homme se conforme A retie grande variété do moeurs de d1<coiir» cl do volontés. Q. Cic., de Petit, consul., c. 14.
(4) Ce ver* e*l do Tliéodore do Boze, ci H sc trouve drms ntic o|ti£r.vn:ni' do ms Juveuilia. Voyez la page l(CT, édit, de Lyon, tans dalo, fw-16. A l'egard du vent français, cité iinniodia u*nu*nl apres il est lire d'un rondeau deSainM. riais, voyez ses Œuvres jx>eiiqne9, |Ktge «9. cdil. de Lyon, lî»74, in-H. N.
(.1) Si, durant une nuit obscure, elle vou- a accordé fui li- «luchjuc* faveur». Cat, Carm. LXMII, t4S.
que vous en investissez incontinent l’interest, la froideur et uneauctorité maritale? C’est une convention libre : que ne vous y prenez vou» comme vous les y voulez tenir? il n'y a point de prescription sur les choses volontaires. C'est contre la forme, mais il est vray pourtant, que j’ay en mon temps conduict ce marché, scion que sa nature peult souffrir, aussi consciencieusement qn’aultre marché et avecques quelque air de justice, et que je ne leur ay lesmoigné de mon affection que ce que j’en sentois, et leur en ay représenté naïfvement U décadence, la vigueur et la naissance, les accès et les remises ; on n’y va pas tousjours un train. J’ay esté si espargnant à promettre que je pense avoir plus tenu que promis ny deu. Elles y ont trouvé de la fidelité jusques au service de leur inconstance, je dis inconstance advouée et par fois multipliée. Je n’ay jamais rompu avecques elles tant que j’y lenois, ne feust ce que par le bout d’un filet, et, quelques occasions qu’elles m’en ayent donné, n’ay jamais rompu jusques au mespris et à la haine ; car telles privautés, lors mesme qu'on les acquiert |>ar les plus honteuses conventions, encores m’obligent elles à quelque biens uedlance. De cholere et d'impatience un peu indiscrette, sur le poiuet de leurs ruses et desfuylea1, et de nos contestai ions, je leur en ay faict veoir par fois; ear je suis, de ma eomplexion, suhjecl à des esmolions brusques qui nuisent souvent à mes marchés, quoyqu elles soient legieres et courtes. Si elles ont voulu essayer la liberté de mon jugement, je ne me suis pas feinct à leur donner des advis paternels et mordants, et à les pincer où il leur cuisoit. Si je leur ay laissé à se plaindre de moy, c'est plustost d’y avoir trouvé un amour, au prix de l’usage moderne, sottement consciencieux. J'ay observé ma parole i s choses de quoy on nt’eusl ayséement dispensé; elles sc rendoient lors par fois avec réputation et soubs des capitulations qu’elles soulTroicnt ayséement estre faussées par le vainqueur. J’ay faict caler, soubs l’interest de leur honneur, le plaisir en son plus grand effort plus d’une fois, et où la raison me pressoit les ay armées contre moy, si qu’elles se conduisoient plus scurement et severement par mes réglés, quand elles s’y estoyent franche-
(l.i Fùtuc-fuijanl,,