II, 16. C
(4) Id,, C.
P) La di'txn V. Montaigne comique de reproduire Ira peo-
sdes de Ctc., deofiie.. H, 17. c.
(6) Voyage île Jlonuignr, 1.1, p. sw ;« c’ral un tri» beau vieillard, d’noc moyenne taille el droicle, le visage plein do ronjcsie, une longue barbe blanehe, aagd lora de plus de quatre vlngts ara, le plus sain pour son aage, et vigoureux, qu’il est possible de désirer, saus goutlc, sans eliolicqtie, sans mal d'catouiarb, ri sans aulcune subjeetion ; d’une nalure douko, peu se passionnant des altoires du monde ; grand basIKson,
et eu quoy nostre royne Catherine ' lesmoigncroit à longues années sa libéralité naturelle et munificence, si ses moyens sursoient à son affection ; la fortune m'a faicl grand desplaisir d'interrompre la belle structure du pont neuf de nostre grande ville.et m'oster l’espoir, avant mourir, d’en veoir en train le service.
Oultre ce, il semble aux subjecls, spectateurs deces triumplies, qu'on leur faict montre de leurs propres richesses, et qu’on les festoyé à leurs despens; caries peuples présument volontiers des roys, comme nous faisons de nos valets, qu ils doibvent prendre soing de nous apprester en abondance tout ce qu’il nous fault, mais qu’ils n’y doibvent aucunement toucher de leur part ; et pourtant l’empereur Galba, ayant prins plaisir à un musicien pendant son souper, se feit porter sa hoëte, et luy donna en sa main une poignée d’escus qu'il y pescha, avecques ses paroles : » Ce n’est pas du publicque, c’est du mien*. - Tant y a. qu’il advient le plus souvent que le peuple a raison ; et qu’on repaist ses yeulx de ce dcquoy il avoit àpaistre son ventre.
La libéralité mesmc n’est pas bien en son lustre en main souveraine; les privés y ont plus droict, car, à le prendre exactement, un rov n’a rien proprement sien, il se doibt soy mesme àauliruy; la jurisdiclion ne se donne point en faveur du juridiciant, c'est en faveur dujuridicié; on faict un supérieur, non jamais pour son proulit, ains pour le proufit de l’inferieur; et un médecin pour le malade, non pour soy; toute magistrature, comme toute art,jecte sa fin hors d’elle -.XuUaars in se rersatur '• ; parquoy les gouverneurs de l’enfance des princes, qui se piequenl à leur imprimer ceste vertu de largesse, et les preschenl de ne sçavoir rien refuser, et n’estimer rien si bien employé que ce qu'ils donneront (instruction que j’ay veu en mon temps fort en crédit), ou
et en cela il lairra à Roincét ailleurs un singulier honneur h sa mémoire... Il esl (rés magiiilk|itc en bastiinenu puHirqucsel reformatinn ih-s rues de cesle ville... - Tri esl le portrait de Crègolre xin lait par Montaigne, tpii veoail de lui baiser tes pieds, le as de décembre 1580. J. V. I.
(!) C. est Catherine de Médias, mère de François H, de Charles ix ci Henri in.
« Pt-éT. , Vie de Galba, c. s de la Iraduclinn d auiyot.
P) .Nul art n’esl renfermé en lui-même. etc., de rüui. ba n et mal., V, 6.
ils regardent plus à leur proufit qu’à ccluy de leur maistre, ou ils entendent mal à qui ils parlent. Il est trop aysé d’imprimer la libéralité en celuy qui a de quoy y fournir autant qu’il veult, aux despens d'aultruy; et son estimation se réglant, non à la mesuredu présent, mais à la mesure des moyens de celuy qui l’exerce, elle vient à estre vaine en mains si puissantes; ils se treuvent prodigues, avant qu’ils soient liberaux ; pourtant elle est peu de recommendalion, au prix d’aullres vertus royales, et la seule, comme disoit le tyran Dionysius1, qui se comporte bien avec la tyrannie mesme. Je luy* apprendrais plustost ce verset du laboureur ancien : T-n xtlp* cmipsiv, «>./« pp o)w
- qu’il fault, à qui en veult retirer fruic.t, semer de la main, non pas verser du sac;» il fault espandre le grain, non pas le respandre; et qu’ayant à donner, ou, pour mieulx dire, à payer et rendre à tant de gents selon qu'ils ont deservy, il en doibt estre loyal et advisé dispensateur. Si la libéralité d'un prince pst sans discrétion et sans mesure, je l’aime mieulx avare.
La vertu royale semble consister le plus en la justice ; ei de toutes les parties de la justice, celle là remarque mieulx les roys, qui accompaigne fa libéralité; car ils l'ont particulièrement réservée à leur charge, là où, toute aultre justice, ils l’exercent voluniiers par l’entremise d’aultry. L’imntnderée largesse est un moyen foible à leur acquérir bienvueillanee; car elle rebute plus de gents qu’elle n’en praetique ; Quo in /dures «sus sis, minus in multos uti possit... Quid autem est stultius, quam quad libcnler farias, curare uf id diutius facere non possis 5? et, si elle est employée sans respect du mérite, faict vergongne à qui la receoit et se rereoit sans grâce. Des tyrans ont esté sacrifiés à la haine du peuple par les mains de ceulx mesme qu'ils avoient iniquement advancés; telle maniéré d’hommes* estimants as-
(1} Dans les Apophthe»pne* «le Plct. C.
fa) Put., SI Us Alhi'nlnut ont fié plus excédents en armes qu’en lettres, e. 4. Corinne se sert de ce proverbe pour (aire sentir à Pindarc qu'il avait entassé trop de fables dan* une de ses poésies, lui disant, dans la traduction d’Amyol, qu’il fallait semer acte la main et non pas a pleine poche. C.
(3) On peut damant moi eu (exercer qu’on l’a déjà plus exercée... Quelle folie de se mettre daus I impui-saiice de (aire longtemps ce qu'on ftiit avec plaisir! Ctc., de Offie., U, 16.
(4) Edition de 1588, (ItL 306 : « Bouffons, maquereaux, menestriers, et telle racaille d' hommes, estimants, « etc.