‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 394 sur 449 · L1Y RE III · texte numérisé non relu

L1Y RE III

ques saruyne. Combien aollroment il en va de Marius et de Sy lia ! prenez y garde.

Il ne fault pas se précipiter si esperduement après nos affections et interests. Comme, estant jeune, je m’opposois au progrès de l’amour que je sentois trop advancer sur moy, et m’est udiois qu’il ne me feust pas si agréable qu’il veinst à me forcer enlin et captiver du tout à sa mercy , j’en use de tnesme à toutes aultres occasions, où ma volonté se prend avecques trop d’appctit; je me penebeà l’opposile de son inclination, comme je la veois se plonger et enyvrer de son vin : je fuys à nourrir son plaisir si avant que je ne l'en puisse plus r’avoir sans perle sanglante. Les âmes qui, par stupidité, ne veoyent les choses qu’à demi, jouissent de cesl heur, que les nuisibles les hlccent moins : c’est une ladrerie spirituelle qui a quelque air de santé, et telle santé que la philosophie ne mesprise pas du tout ; mais pourtant ce n’est pas raison de la nommer sagesse, ce que nous faisons souvent. Et de ceste maniéré se ntocqua quelqu'un anciennement de Diogenes qui alloit embrassant en plein hy ver , tout nud , une image de neige pour l’essay de sa patience; celuy là le rencontrant en ceste desmarche : As tu grand froid à ceste heure? - luy dict il. “ Du tout point, » respond Diogenes. - Or, suy vit l’aultrc, que penses tu donc faire de diflicile et d'exemplaire à te tenir là1? » Pour mesurer la constance, il fault nécessairement sçavoir la souffrance.

Mais les âmes qui auront à venir les événements contraires et les injures de la fortune en leur profondeur et aspretc, qui auront à les poiser et gouster selon leur aigreur naturelle et leur charge, qu’elles employent leur art à se garder d'en enliler les causes, et en destournent les advenues ; que feit le roy Cotys ? il paya libéralement la belle et riche vaisselle qu’on luy avoit présentée; mais parce qu'elle estoit singulièrement fragile, il la cassa incontinent luy mestne, pour s’oster de bonne heure une si aysée matière de courroux contre ses serviteurs 3. Pareillement, j’ay volontiers évité de n’avoir mes affaires confus, et n’ay cherché que mes biens feussent contigus à mes proches et ceulx à qui j’ay à me joindre d’une estroiclc amitié ,

(Il Diog. Laerce, vi, as; vt.rt. , Apoptilhegmci (les LacAiemontent. C.

(2) l'n: t , Âpopfuhejmes des rois. C..

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