‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 425 sur 449 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

C’est une absolue perfection et comme divine « de sçavoir jouir loyalement de son estre. » Nous cherchons d’aullres conditions pour n’entendre l’usage des nostres, et sortons hors de nous pour ne sçavoir quel il y faiot. Si avons nous beau monter sur des eschasscs; car, sur des eschasses, encores fault il marcher de nos jambes , et au plus eslevé throsne du monde, si ne sommes nous assis que sur nostre cul. Les plus belles vies sont à mon gré celles qui se rengent au modèle commun et humain avecques ordre, mais sans miracle, sans extravagance. Or, la vieillesse a un peu besoing d’es-

tre traictée plus tendrement*. Recommandons la à ce dieu protecteur de santé et de sagesse, mais gaye et sociale :

Frui parails et valido miht,

La toc, dones, et, precor, integra Cum mente ; nec turpem tenectam Dcgcre , nec citliara carentem *.

(0 Edilion de 1588, foi. 498, « Plus donlccmenl cl plus délicatement. »

f*> Cctjue Je le demande, ô Oh dcLatone! e’c$t de me lais* ser jouir du fruit de me» peines ; de me donner une «nmd constante , un «prit toujours Min ; de me préserver d’une vieillesse étrangère au doux chant des Muse». lion., OU,, I 31, 17.

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