‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 430 sur 449 · A MONSEIGNEUR MONSEIGNEUR DE MONTAIGNE · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR MONSEIGNEUR DE MONTAIGNE

Quant à scs dernières paroles , sans

double si homme en doikt rendre bon compte, c’est inoy, tant parce que, du long de sa maladie, il parloit aussi volontiers à moy qu’à nul aultrc, que aussi pourcc que, pour la singulière et fraternelle amitié que nous nous estions entreportée, j’avois très certaine cognoissance

flî'On trouvera celle place, ainsi que plusieurs des lettres eiiivaulrs, dans un petit livre publié par Molilniguo lui-même, cmlrou neuf ans avant ta première édition de ses tuais, qui parutà Sur, tenus ctl 1580. Ce petit livre lu-8°, maintenant assez rare, fut imprimé nrre pririL'gc, A Paris, citez Federic Morel (l'atteient, rue Salnt-Jcao-de-Bauvais, au Franc-Meu rler, 157! (d'autres frontispices uot la date de 1572} ; Il est «imposé dé 151 fol-, et îuliluhi : La Slestuujcrtc ils Xeuopltoiii tes Bigles ils Mariage, de Plutarque; Lettre de comolalion de Plutarque à sa femme ; te tout traduit île grec en franfois pur frit V. Estietme de La Boette, conseiller du rmj.cn sa court de parlementa Oordeotu : cmeudtle qucL/ucs vers latins el franfois de sou invcutiuH : Ucm, tut Discours sur ta mari duilil seigneur de La Botlic, par M. de MontatgiK. Le prit-il •ge est du 18 octobre 1570. Les ren franfois annoncés dans ce titre n'ont été publiés par Montaigne, chez le même Imprimeur, qu’ru 157s, iu-8° tlo ID toL Les traductions ont reparu en Intel, chez Claude More), rue SaiuWacqoc*, à la Foutaitie, sans être réimprimées, mais avec un nouveau frouUspicu ; on ) a joitit, au commencement, la llrsnagerie d" Aristote ( ou les Economiques) de la traduction du même la Boétie, eu 8 fut., et 5 la gu, te recueil de scs Vers franfois. ). V. L.

(2) It Elirait! d'une lettre que mousieur lo conseiller do Ituulalgue cscript A monseigneur de Muutaignc sou pèrc.coiir tcuaut quelques partictdarilés qu'il remarqua en la maladie et mort de feu M. de La Boétie.» lu llesnagerlt de .Teito}Jton,ctc., frit. 12t. — la Doêtle, conseiller au parlement tic Bordeauv, né A sa rial en Périgord, le l«r novembre 1550, mourut A Gerndguae prê» Bordeaux le 18 août t5b5,Agédclrcute-deuiai», m uf mois et liit-sept jours. Celle lettre do Montaigne 4 son père, écrito certainement vers le même temps, est donc ta pim ancienne île toutes. L'ordre cltronologhpie, dans la disposition des dix Mires qui restent do Moulalgue, est adopté ici pour la preunerc foi», f. V. I* ..

des intentions, jugements et volontés qu’il avoit eus durant sa vie, autant sans doubtequ’bommc peult avoir d’un aultre. Et parce que je lcssçavois eslre baulles, vertueuses, pleines de très certaine resolution, et, quand tout est dict, admirables, je preveoyois bien que si la maladie luy laissoil le moyen de se pouvoir exprimer, qu’il ne luy csuhapperoit rien, en une telle nécessité, qui ne feust grand el plein de bon exemple ; ainsi, je m’en prenois le plus garde que je pouvois. Il est vrav, monseigneur, comme j’ay la mémoire fort courte, et desbauebée encores par le trouble que mon esprit avoit à souffrir d’une si lourde perte et si importante, qu’il est impossible que je n’ayc oublié beaucoup de choses que je vouldrois estre sccues ; mais celles desquelles il m’est souvenu, je les vous manderay le plus au vray qu’il me sera possible ; car, pour le représenter ainsi fièrement arresté en sa brave desmarebe, pour vous faire veoir ce courage invincible dans un corps atterré et assommé par les furieux efforts de la mort et de la douleur, je confesse qu’il y fauldroit un beaucoup meilleur style que le mien; parce qu’eneores que durant sa vie, quand il parloit de choses graves cl importantes, il en parloit de telle sorte qu'il estoit malaysé de les si bien cscrire, si est ce qu’à ce coup il sembloit que son esprit et sa langue s’efforccassenl à l'cnvy, comme pour luy faire leur dernier service; car sans doubte je ne le veis jamais plein ny de tant et de si belles imaginations, ny de tant d’eloquence, comme il a esté le long de cestc maladie. Au reste, monseigneur, si vous trouvez que j’ave voulu mettre en compte ses propos plus legiers et ordinaires, je l’ay faiet à escient; car estant dicts en ce temps là, et au plus fort d’une si grande bcsongne, c’cst un singulier tesnioignage d’un ame pleine de repos, de tranouillité et d’asseurancc.

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