I) HÉRODOTE, III, !W. J. V. L
iS) Il n’wi rien de ri grand, rien de ri admirable au premier alwrd que peu à peu l'on ne regarde avec moins d’admiratiou. Llt.r., Il, IOÎ7.
(S) Platon, Loi t, VHI, 6, édii. d*Heori Eiicune, t. II, p. *3»; cdiL de M. A&t, p. 310. J. V. L.
compte. Ceulx qui ne se veulent laisser tirer , hors reste originelle source taillent encore plus, et s'obligent à des opinions sauvages; tesmoing Clirysippus1, qui sema, en tant de lieux de ses eseripts. le peu de compte en quov il tenait les conjonctions incestueuses, quelles qu'elles Crussent .
Qui vouldrasedesfairedcce violent préjudice de la roustuine, il trouvera plusieurs choses rcceues d'une résolut ion indubitable, qui n’ont appuv qu'en la harlie chenue et rides de l'usage qui les aceompaigne : mais ce masque arraché, rapportant les choses à la vérité et à la raison, il sentira son jugement comme tout bouleverse, et remis pourtant en bien plus seur estât. Pour exemple, je luy demandera;? lors quelle chose peult estre plus eslrange que de venir un peuple obligé à suyvrc les loix qu’il n’entendit oneques ; attaché en touts ses affaires domestiques, mariages, donations, testaments, ventes et achapts, à des règles qu'il ne pèult sçavoir, n’estants escriptesny publiées en sa langue, et desquelles, par nécessité, il luy faille acheter l’interprétation et l'usage : non selon l’ingenieuse opinion d'Iso craies*, qui conseille à son rov de rendre les trafieques et négociations de ses subjects libres, franches et lucratives, et leurs déliais et querelles onéreuses, chargées de puisants subsides; mais selon une opinion prodigieuse, de mettre en trafirque la raison mesme, et donner aux loix cours de marchandises. Je sçay lion gré à la fortune dequoy, comme disent nos historiens, ce feust un gentilhomme gascon et de mon pay s, qui le premier s’opposa à Charlemaigne nous voulant donner des loix latines et impériales.
Qu’est il plus farouche que de venir une nation où, par légitimé eoustume, la charge de juger se vende*, et les jugements soyent payes à purs deniers comptants, et où légitimement la justice soit refusée à qui n’a dequoy la payer; et ayt cestc marchandise si grand crédit qu'il se face en une police un quatriesme estai de gents maniants les procès, pour joindre aux trois anciens, de l'eglisc, de la noblesse, et du peuple; lequel estât, ayant la charge des loix et souveraine auctorité des biens et des vies, face un corps à part de celuy de la noblesse :
tll Sexïin esmicvs, Pi/rrhon. B'ipolijp., I, I*. C.
(il Dltr. ù PirarUi, (Mil. illl'llri l-lirllt,.', ||. 18. c.
131 [K'eul» le cbaiKeltor iïu Pral, s<ms Crauçois Itr,
d’où il advienne qu’il y ayt doubles loix, celles de l'honneur et celles de la justice, en plusieurs choses fort contraires; aussi rigoureusement condemncnt celles là un démenti souffert comme celles icy un démenti revendu' ; par le debvoir des armes, celuy là soit dégradé d’honneur et de noblesse, qui souffre une injure, et par le debvoir civil, celuy qui s'en venge encoure une peine capitale; qui s'adresse aux loix pour avoir raison d’une offense faicte à son honneur, il se deshonnore, et qui ne s’y adresse, il en est puny et chastié par les loix : et de ces deux pièces si diverses, se rapportants toutesfois à un seul chef, cculx là ayent la paix, ceulx cy la guerre, en charge; cculx là ayent le gaing, ceulx cy l'honneur; ceulx là le sçavoir, ceulx cy la vertu; ceulx là la parole, ceulx cy l’action; ceulx là la justice, ceulx cy la vaillance; ceulx là raison, ceulx cy la force; ccuLx là la robbe longue, ceulx cy la courte, en partage?
Quant aux choses indifferentes, comme vestements, qui les vouldra ramener à leur vraye fin, qui est le service et commodité du corps, d’où despend leur grâce et bienséance originelle, pour les plus fantastiques à mon gré qui se puissent imaginer, je leur donray entre aultres nos bonnets quarrés, ceste longue queue de vcloux plissé qui pend aux testes de nos femmes avecqucs son attirail bigarré, et ce vain modelé et inutile d’un membre que nous ne pouvons seulement honnestement nommer, duquel toutesfois nous faisons montre et parade en public. Ces considérations ne destournent pourtant pas un homme d’entendement de suyvre le style commun1; ains au rebours, il me semble que toutes façons eseartées et particulières partent plustost de folie ou d’alfectation ambitieuse que de vraye raison ; et que le sage doibt au dedans retirer son ame de la presse, et la tenir en liberté et puissance déjuger librement des choses ; mais, quant au dehors, qu’il doibt suyvre entièrement les façons et formes receues. La société publicquc n’a que faire de nos pensées ; mais le demeurant, comme nos actions, nostre travail, nos fortunes et nostre vie, il la fault prester et abandonner à son service et aux opinions communes; comme ce bon et grand Socrates refusa de sauver sa vie par la désobéissance du ma-
<i; Dans le chapitre 3 du livre Ul, MooUigue revient. sur ce* idées et les développe. A. D.
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