‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 97 sur 449 · I.es bois, les monts, les Itaiscs vois tranchant · texte numérisé non relu

I.es bois, les monts, les Itaiscs vois tranchant

Sur moy d’aguest vous poussez votre rage-

Ores mon cœur s'embrase davantage.

Allez , allez faire peur au marchand,

Qui dans la mer les thresors va cherchant ;

Cc n'est ain«i qu’on m'abl>al le courage.

Quand j’oys les vents, leur tem peste et leurs cris.

De leur malice eu mou cœur je me ris.

Me pensent Us pour cela faire rendre?

Face le ciel du pire et l'air aussi :

Je veulx , je veulx , et le deelairc ainsi ,

S'il faut mourir, mourir comme Lcandre.

Vous qui a y mer encore ne sçavex ,

Ores m’oyaut parler de mou Leandre ,

Ou jamais non , vous y debvez apprendre ,

Si rien de bon dans le cœur vous avez.

Il oza bien, branlant ses bras lavés,

Armé d'amour, contre l'eau se deffendre.

Qui pour tribut la tille voulut prendre ,

Ayant le frère et le mouton sauvés.

(t) C'est, je crois, une allusion aux Amours de Ronsard.

(i) Properce, imitateur des poètes grecs, et surtout de CaF Unuque et de Pbilelas. J. V. L.

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