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GONSII AÉRATIONS SUR LOKDRE DE GIXCINXATUS 287
avec fureur les Tor'ws, laisser introduire chez eux, sans même y regarder, un établissement qui doit miner la chose ()nbliqne. la liberté, la Patrie; ravir aux classes moyennes et inférieures tonte influence, toute considération; les vouer au mépris le moins déguisé; les réduire à la nullité la plus complète, et tout au plus au triste privilège de murmurer quand il ne sera plus t«Mnps de remédier au mal... bizarre imprévoyance d'une multitude inconsidérée. Qu'<'st-ce en effet que Tordre des Cincinnati? A en juger par son apparence extérieure, et pour parler ainsi, par le prospectus qui en a circulé dans les Etats-Unis, Tordre des Cincinnati « est une associaliun, une conslitulum, une com'>ina\s n des généraux et des autres officiers de l'armée <iui oui servi pendant trois années, ou qui ont été réformés |tar le Congrès, et qui se rassemblent dans une Société d'Amis, pour perpétuer la mémoire d.- la '{évolution et de leur mutuel dévouement. Celt^ Société doit durer autant qu'eux- )iu'ines ei leur posii'rile mâle la pbts reculée, et si celle-ci vient à manquer, autant qve lls BRANcnEs collatéhai.es .n GK^s digm:s d'être membres et s «utiens de l'association. Son objet est de s'occuper incessamment a- conserver
intacts LKS droits les I'LUS EMINENTS nE LA NATURE UUMAI.NE,
pour laquelle ils ont combattu et versé leur sang, d'établir
KT D'iîNTKElKNiR L'n()N\ErH NATIONAL ET l'lNION EVTRE LES
i;!AT> RKSi'EcriKs; de rendre permanents Taffection cordiale, lesprit et Tamour fraternel parmi les officiers, et de répandre des bienfaits sur ceux d'entre eux et de leurs parents que le malheur pourrait réduire au besoin. »
Chacun des Cincinnati avance un mois de sa paie à cet effet, et l'institution est de telle nature qu'elle admet pour grossir ce fonds, les dons des personnes mêmes qui ne composent pas la Société.
Ainsi de même que les députés représentant chaque société d'Etat, forment, par une seule convocation, l'assemblée générale ou le Congrès de cet ordre, les fonds destinés pour un objet de charité ou de générosité, auquel tous les Américains sont appelés et admis à concourir, formeront un trésor aux ordres de l'Association.
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Et pour compléter sa consistance et ses forces, les associés ont statué Farticle suivant : « Comme dans tous les
TEMPS, IL SE TROUVERA DANS LES ÉXATS RESPECTIFS DES HOMMES DISTINGUÉS PAR LEURS TALENTS ET LEUR PATHIOTISME, DONT LES VUES LOUABLES AURONT LE MÊME BUT QUE LES CIN- CINNATI, ON ADMETTRA LES HOMMES DE CETTE RÉPl TATION GOMME MEMBRES HONORAIBES DE LA SoCIÉTÉ PENDANT LEUR VIE SEULE- MENT, POURVU QUE LE NOMBRE DES MEMBRES BONGRAIRES n'excède pas dans la PROPORTION d'UN CONTRE QUATRE CELUI DES OFFICIERS ET DE LEURS DESCENDANTS. »
Cette politique profonde tend visiblement à intéresser les chefs de chaque État à l'Association, qui exclut ainsi facilement les membres de la Société universelle, dont la pauvreté (dans les Républiques mêmes elle est la vraie roture), éteindrait la considération, et ensevelirait les talents. Aussi l'homme du peuple et de Farmée, le général Washington, est-il déjà membre honoraire de l'ordre qui, sans doute, pour rendre inattaquable son existence, cherche des recrues et des appuis dans toutes les monarchies de l'Europe. La circonspection naturelle, qui paraît le caractère distinctif et la plus grande des qualités de cet homme célèbre, ne lui a permis la neutralité entre sa Patrie et les Cincinnati, qu'aussi longtemps que l'association n'a point été formée. Le jour où Tadoption des membres honoraires a été votée, Washington, si grand quand il voulut redevenir un simple particulier, Washington, premier citoyen et bienfaiteur d'un peuple qu'il a rendu libre, a voulu se distinguer de ce peuple! Pourquoi n'a-t-il pas senti que son nom était audessus de toute distinction? Héros de la Révolution qui brisait les fers de la moitié du monde, comment n'a-t-ilpas dédaigné Thonneur coupable, dangereux et vulgaire d'être le héros d'un parti!
Si Tadoption honoraire des principaux hommes d'État est une combinaison savante et redoutable, on trouve la même profondeur de politique dans la proportion singulière que l'acte d'Association établit entre les honoraires et les autres membres de l'ordre. Les Cincinnati ont voulu que les honoraires ne pussent former au plus qu'un cin-
quième de leur corps : ils ont voulu maîtriser le peuple par ceux qui seraient chargés du Gouvernement, et se réserver le pouvoir de faire trembler ce Gouvernement par leur nombre et leur force militaire.
La force militaire a été Tunique objet de leur pensée, parce qu'elle était le grand moyen de leurs projets. C'est pour cela qu'ils ont réservé l'hérédité aux seuls militaires. Ils se sont, en vrais légionnaires, permis d être injustes envers leurs coopérateurs les plus distingués, que des devoirs non moins importants ont empêchés de combattre; ils ont jugé que la gloire de la tète devait être subordonnée à celle du bras, et que les descendants des*... suffisamment honorés par une distinction passagère, devaient rentrer ensuite dans la classe vulgaire des Plébéiens.
Peut-être aussi renonçait-on à ces grands et sages citoyens, véritablement digneâ de fonder des États; peutêtre craignait-on leur prévoyante sagesse.
Ce n'est pas, j'en suis convaincu, qu'une grande partie (les ofliciers, qui n'ont point examiné de près l'esprit et les conséquences de leur ordre, n'agissent uniquement par des principes honorables de patriotisme, d'amitié et d'humanité, qu'ils regardent comme base de leur union, pour ne pas dire de leur ligue.
iMais plusieurs d'entre eux, égalant en instruction et en talents les hommes les plus distingués de l'Amérique, il est bien difficile que quelques-uns n'aient pas jeté un regard plus perçant sur une nouveauté si importante. Une telle inattention, un pareil aveuglement chez un peuple qui vient de conquérir sa liberté, ne me paraissent pas dans In nature.
J'oserai donc le dire, et lé dire hardiment, aux yeux de l'Amérique et du monde; j'oserai réveiller mes concitoyensur ce grand objet; et peut-être je dissiperai même l'illusion de ceux qui, sans le savoir, renversent la constitution de leur pays, et se rendent coupables d'un crime qu'ils ne soupçonnent pas. S'ils sont encore dignes de la liberté qu'ils