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France? Ils s'en flattent: on le croit universellement ; cela est probable. Cela est-il juste, urgent et nécessaire? Telle est la question que je me propose d'examiner dans ces lettres.
On dit en France, légèrement sans doute, que l'Empereur est un Prince sans caractère, ambitieux de faire parler de lui, annonçant des prétentions exagérées, feignant de déployer de grands moyens, tandis qu'il est aussi facile à intimider qu'un jeune écolier à peine échappé à la férule. Voilà du moins ce qu'on nous écrivait de Paris avant l'affaire de Lille. Depuis que l'Empereur s'occupe sérieusement à réaliser sa menace, on assure encore qu'il reculera; que ce sera du bruit sans effet; et le Cabinet de Versailles destine cent vingt mille spectateurs armés pour observer les mouvements d'un prince dont les troupes excèdent trois cent mille hommes effectifs. • Le public de Paris, et même celui de Londres, parle de tout cela comme on parlerait d'une comète. Beaucoup de politiques, qui dans leurs coteries règlent le destin des Empires, assurent avec une confiance admirable qu'il est impossible de se conduire autrement. D'autres spéculateurs soutiennent d'une manière non moins affirmative que la cupidité hollandaise est le seul mobile de cette guerre, et qu'il faut humilier et pressurer ces Mijn hecrs bouffis de ducats.
S'il n'est pa» tout-à-fait inutile de réfléchir avant de décider, on doit peut-être quelque attention aux doutes que nous allons proposer aux amis de l'humanité, et de la justice, avec une défiance de nos opinions égale à notre amour pour la vérité.
Assurément, on ne peut que gémir en pensant que nous sommes au moment de voir toute l'Europe en feu pour empêcher les marchands d'Anvers d'expédier leurs propres navires, chargés dans leur port, et de les y recevoir venant des autres parties du monde. Des milliers d'hommes vont être égorgés, ruinés, jetés dans la désolation à des centaines de lieues de la Hollande, sans que sous aucun aspect imaginable cette question paraisse les intéresser. Les Hol-