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DOUTES SUU LA LIBERTE DE L'ESCAUT

donnerait d^s alliés éternels, dont la marine et le commerce deviendraient en quelque sorte les siens, puisque la sûreté, Topulence, et le bonheur des deux Puissances, seraient le lien indissoluble de leur union.

Montes(|uieu a dit, que les déserts étaient la barrière nécessaire des vastes Etats. . . Eh ! bon Dieu I quel mot ! quel principe! quel sentiment! quelle pensée!... Montesquieu a dit cela, parce qu'il a vu que les choses étaient ainsi... J'aimerais autant qu'un homme pillé par des brigands sur les chemins, décidât que les brigands sont nécessaires à la police d'un grand royaume; et ceux qui ont soutenu, que sans la guerre une population excessive surchargerait et désolerait la terre, et qu'ainsi la guerre était nécessaire, ceux-là raisonnaient comme Montesquieu, lorsqu'il écrivait cet axiome.

Des Républiques, des Républiques! Telle est la frontière qui convient aux Monarchies, si l'on ne veut pas en faire de vastes prisons uniquement destinées à tourmenter et dégrader les hommes pour le plaisir de quelques bourreaux. Ces Républiques, quand elles ne feraient qu'écarter la guerre qui serait leur ruine, ne peuvent qu'ajouter à la prospérité de leurs voisins.

Quand la politique humaine tendra-t-elle enfin à cette prospérité? Quand voudra-t-elle sincèrement détruire la guerre dont les succès même sont d'effroyables malheurs? Quand travaillera-t-elle sur un plan raisonnable à ôter aux conquérants toute occasion, tout prétexte, tous moyens de lentreprendre? Quand formera-t-elle de bonne foi le désir d'établir une paix fondée sur l'intérêt de tous, une paix durable, dis-je, c'est-à-dire après la liberté, tout ce qu'il y a de bon sur la terre? — Je ne sais si ce jour luira à jamais pour l'humanité, mais si quelque chose pouvait en hâter l'aurore pour notre malheureuse Europe, ce serait sans doute la fondation de la République Belgique: et puisque les changements de circonstances, puisque le droit de convenance doivent annuler les traités, il n'en est pas un que la France, l'Angleterre, la Prusse, et la flollande aient plus de raison d'anéantir que celui qui soumet les Pays- Bas à l'Empereur.

Les Politiques objecteront sans doute qu'une pareille révolution donnerait à la France un nouveau degré de puissance, en lui procurant à jamais dans les Pays-Bas un allié, un ami, au lieu d'un voisin toujours indifférent, quelquefois mal intentionné, souvent ennemi.

Mais les Pays-Bas ne sont-ils donc pas ouverts à la France, qui s'en empare quand elle veut, qui s'y cantonne, qui y lève de l'argent et des soldats? Ne lui seront-ils pas plus ouverts que jamais depuis la démolition des places barrières au mépris des Traités? Lequel vaut mieux pour l'Europe et pour les Pays-Bas, ou les laisser à la merci de la France, ou de les voir se former en République indépendante de la France, et amie de toute l'Europe, excepté de l'Empereur? Sans doute il vaut mieux que les Pays-Bas soient libres; et s'il est au pouvoir des hommes d'établir une balance politique vraiment utile et durable, c'est par cette révolution grande et salutaire qu'il faut commencer.

Que la Confédération Belgique s'élève; qu'elle embellisse, qu'elle console, qu'elle édifie, qu'elle instruise l'univers!... Le droit le permet, la justice le prescrit, la politique l'ordonne... La maison d'Autriche aura de quoi se consoler. Rivale dans tous les temps de la maison de Bourbon que son ascendant place sur les trônes, elle remplira sa destinée. La maison de Bourbon donne des Rois; la maison d'Autriche donne des Reines.

Tu Félix Austriâ nube.

XYI

De retour à Paris, le l^"" avril 1785, après que M"i« de Nehra qui l'avait précédé, eut obtenu de M. de Breteuil, l'assurance qu'il ne serait pas inquiété, Mirabeau entreprit la publication de ses ouvragt-< sur l'agiotage et les finances. 11 y fut déterminé par le besoin de vivre de sa plume, par l'ambition d'agir sur Topiiiion publique, et d'autre part, il fut encouragé dans ses campagnes, par ses amis Clavière, Panchaud, l'abbé de Périgord, le duc de l.auzun, le comte d'Antraigues, qui avaient pris position à la baisse, appuyé secrètement par de Calonne, qui voulait détourner une partie des capitaux vers les fonds d'Etat concurrencés par les valeurs d'agio dont la hausse constante séduisait les spéculateurs.

Mirabeau avait déjà étudié les matières financières à Londres - pour réfuter le Compte-Rendu de Necker, mais elles lui étaient encore nouvelles, et il fut secondé par Clavière

1. De la Caisse cV Escompte, par le comte de Mirabeau, m. dcc.lxxxv, in-8o. pp. V à xvj, 1 à 226, avec cette épigraphe :

Jam dabitur, jara, jam ; donec deceptus, et exspes Nec quicquam fundo suspiret numtnus in imo.

(Peuse, sat. II, V. oO. 51.) Imprimé à Bouillon.

1. '< Mirabeau avait commencé à Londres une histoire de Genève qui n'a jamais vu le jour; il fit aussi ses Doutes sur V Escaut, et il faisait des otes sur le Compte-rendu de M. Necker, qui lui servirent de luatéiiaux lorsqu'il fit réponse à cet ouvrage. » (Notice de Mille de Nehra sur Mirabeau, page 17, publiée par L. de Loménie, Esquisses histonques et littévaives.)

dans ses travaux*. C'était un réfugié genevois qu'il avait connu en 1782, à Neuchâtel, alors qu'il faisait imprimer les Lettres de cachet, qu'il avait retrouvé à Paris, en 1784, après ses procès contre sa femme en Provence, et qu'il avait été l'un d^-s premiers àfréquenter dès son arrivée eh France, à son retour de Londres. Il doit à Clavière-, la partie documentaire de ses ouvrages, le schéma théorique des opéiations de finance, les tableaux statistiques, peut-être ans-i quelques exposés de doctrine, maison trouve dans ces différents opuscules d'actualité, des généralisations qui lui sont propres, sa véhémence qui touche souvent à l'emphase, sa fougue, son argumentation vigoureuse et serrée.

De la Caisse d'Escompte^ parut en mai 1785, et ce livre eut

4. « Mirabeau fut presque toujours un metteur en œuvres. Cet écrivain avait, comme il le disait lui-même, un talent particulier pour accoucher Clavière. Bien pénétré de sps pensées, // les faisait siennes et leur imprimait son cachet original. C'est à cet'e source féconde que Mirabeau puisa son livre sur la Caisse d'Escompte, ses Lettres sur les Eaiu, l'ouvrage sur la Banque Saint-Charles, et sa fameuse Dénonciation de l'agiotage. [Mémoires de Brissot, tome II,. pp. 348 et 349.) Brissot est hostile à Mirabeau, et Ton ne peut accepter son témoignage qu'avec cirsconspection.

En ce qui concerne la collaboration de Clavière. Mirabeau ne l'a point dissimulée. Il écrivait dans la dixième des Lettres du comte de Mirabeau à ses commettons, p. 22. en note, à propo? des réfugiés genevois : « M. Clavière, auteur de plusieurs ouvrages très estimables sur nos affaires les plus importantes (de la France et des États-Unis, etc.. etc., la Foi publique, etc.) et qui a été mon très utile collaborateur dans la plupart de mes écrits sur les Finances, est un de ces exilés. »

2. Etienne Clavière qui fut ministre des Contributions Publiques en 1792, publia sous son nom de nombreux ouvrages politiques et financiers : De la foi publique envers les créanciers de VElat: Lettres à M. Linguet sur le n° 116 de ses Annales par M..., Londres 1788, in-8o, xxxii, 124 p.); De la conjuration contre les finances ei des mesures à prendre pour en arrêter les effets. Paris, chez les directeurs de l'Imp. du Cercle social, 1792, in-8°, 115 p.

3. La Caisse d'Escompte fut la première banque d'émission autorisée en France après la chute désastreuse de la banque de Law. Elle fut constituée le 24 mai 1776 par un arrêt du Conseil d'État du Roi, à Linï-tigation de Turgot, sur la demande de Panchau i, banquier genevois réfugié en France. Son capital social de 15 millions de francs, fut successivement réduit à 12 millions (7 mars 1779), reporté à 15 millions par de Calonne, puis à

aussitôt un retentissement considérable. Il excita les réclamations des joueurs à la hausse, mais il fut approuvé par de Calonne dont il servait la politique financière,

Mirabeau ne s'y montrait pas l'adversaire de l'institution, au contraire, et en s'élevant contre les aj^ioteurs qui, par une hausse constante et non Justifiée par des bénéfices réels, mettaient en péril la solidité et la permanence de la Caisse d'Escompte, il établissait les règles qui doivent présider au fonctionnement d'une banque de secours, en l'espèce d'une banque nationale, et il énonçait les principes d-e sa direction, pour le bien général et non l'intérêt de quelques particuliers.

C'est à Londres que j'ai recueilli les matériaux de cet ouvrage. J'étais dans cette ville chez un homme considérable, lorsque la conversation y tomba sur notre caisse d'escompte. Les papiers publics parlaient des circonstances qui ont amené l'arrêt du Conseil d'Etat du 16 et celui du 24 janvier de cette année. Le résultat de tout ce que j'entendis alors et de tout ce qu'on a dit sur ce sujet dans ce pays peu indulgent pour nos légèretés, c'est que le défaut d'esprit public rend tout à fait impossible en France l'établissement des banques de secours.

J'examinais à mon propre tribunal cette sentence sévère, pour m'assurer si elle était ou n'était pas sans appel, lorsque le hasard m'a procuré les détails de tous les débats qui ont divisé les actionnaires de la caisse d'escompte.

Alors, je me suis pleinement confirmé dans l'opinion où je suis depuis longtemps, que les philosophes dédaignent beaucoup trop de porter leurs regards sur les événements Journaliers du commerce, et de saisir les occasions d'éclai-

100 millions (18 février 1787). Les actions émises à 3.000 liv. montèrent en 1785, à 8.000 liv. En 1789, l'État était créancier de la Caisse d'Escompte pour ['ïo millions que l'Assemblée nationale décida de lui rembourser par un décret du 17 décembre 1789. en assignats gagés sur des biens nationaux. Cette mesure amena la liquidation de la Caisse d'Escompte, qui fut supprimée en 1793, sur la proposition de Gambon.

rer ses principes, ses calculs, sa morale, en un mot, les rapports de ses divers effets avec la chose publique et le bonheur des sociétés.

Si les philosophes sont les tuteurs du genre humain, pourquoi ne surveillent-ils pas leur pupille dans toutes ses occupations? Auraient-ils aussi cet esprit de commerce qui veut donner peu et recevoir beaucoup, ou bien cet antique mépris que professèrent nos pères pour le commerce quils ne connaissaient pas, retiendrait-il jusqu'à la plume des philosophes?

Ce mépris, dont nous ne sommes point encore aussi corrigés qu'on affecte de le penser, est un des effets les plus frappants de notre inattention, pour ne pas dire de notre inconséquence, puisque Ton convient enfin que le métier de la guerre, c'est-à-dire l'art de nous désoler premièrement nous-mêmes, de nous exterminer en tous sens, nous et notre postérité, pour désoler et pour exterminer les autres, que ce métier, le plus noble de tous, comme on dit, n'est qu'une spéculation de commerce, depuis les politiques et les rois, qui en sont les entrepreneurs, jusque aux militaires, qui en sont les facteurs et les ouvriers.

Je sais tout ce que l'on peut écrire contre la manie universelle de ce commerce politique, conquérant et navigateur qui infeste les deux hémisphères ; mais de cette frénésie contagieuse au commerce proprement dit, à celui qui existe nécessairement partout où les hommes se rassemblent, il y a sans doute une extrême distance. Ce sont les principes, les procédés, les mœurs, c'est l'esprit du commerce envisagé sous la notion générale et abstraited'échange dont je parle; c'est de l'état de choses qu'il produit, qu'il prépare, qu'il nécessite chaque jour, dont il faudrait s'occuper.

Et pour faire entendre en un mot ce que je voudrais exprimer, je prierai que Ton me dise qui, dans la société, n'est pas commerçant ?qui ne cherche pas à échanger avec avantage, selon sa manière de voir, ce qu'il peut donner contre ce qu'il voudrait recevoir? Qui n'emploie pas dans cet échange toutes les ruses, tout le savoir-faire, tout le

manège, tranchons le mot, toute la cupidité cauteleuse dont nous nous faisons des motifs pour mépriser par air le commerce et les commerçants? On commerce à la cour, à la ville, à l'armée, dans les sociétés les plus respectables; tout s'y fait par échange, et c'est toujours le désir réciproque de rendre ses échanges avantageux à soi-même, qui, contenant un intérêt par l'autre, fixe tous les prix et règle le taux des services.

Une seule classe d'hommes peut-être échappe à la disposition générale, mais non pas injuste, de ne donner qu'en recevant. Ce sont les agriculteurs, à qui l'expérience apprend qu'on fait encore de meilleurs marchés en prodiguant des avances et des travaux dont il faut attendre le fruit. Chacun portant dans sa conduite l'esprit relatif aux objets dont il s'occupe, la morale des agriculteurs, aidée de l'innocence des mœurs hospitalières de la campagne, et de l'habitude des services journaliers d'homme à homme qu'appellent les travaux champêtres, doit être plus aimable et mieux entendue que celle des commerçants. Ceux-ci vont bien jusqu'à un échange de bienfaits, et n'ont que la valeur de leur mise: les autres répandent généreusement les bons procédés, les services, les secours, pour une récolte souvent incertaine ; mais aussi décuplent-ils la semence quand ils trouvent un bon terrain, et fertilisentils quelquefois même les sols arides et les cœurs ingrats. Si les écrivains qui ont cherché à faire influer sur la politique, sur la philosophie, sur les mœurs, ces principes agricoles, avaient eu autant d'esprit et de talent qu ils avaient de lumières et de bonnes intentions, ils seraient comptés parmi les premiers bienfaiteurs du genre humain.

Mais ils ont peu connu lart de se faire écouter. Les maximes ordinaires du commerce ont prévalu. Elles sont utiles,e lies sont universelles,elles ne sont point méprisables; et peut-être ne faudrait-il que peu d'efforts aujourd'hui pour ennoblir dans son usage cette action continuelle que nous exerçons les uns sur les autres, qui précisément est le commerce, et qui n'est aussi que la définition du mot

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Société; pour l'ennoblir, dis-je, par Téducation*, par le respect, par un préjugé honorable qui, tendant à épurer les principes, les vues, les habitudes de cette action^ la rendraient franche, loyale, bienveillante, et laisseraient toujours au cœur du commerçant cette honorable sensibilité d'où naissent l'humanité et le patriotisme, c'est-à-dire une disposition généreuse à mettre au nombre de ses gains le sentiment d'en avoir abandonné quelques-uns pour le bien public.

Que les philosophes, après s'être élevés aux généralités d'où leur vue doit planer sur les hommes et sur les choses, descendent donc à l'examen de tous les effets de l'industrie humaine; qu'ils suivent cette industrie dans la manière dont elle s'applique à tous les objets ; qu'ils en découvrent les effets moraux; qu'ils ne négligent point les détails dans lesquels périssent si souvent les meilleurs projets, les plus utiles tentatives; les plus excellentes choses ; qu'ils nous apprennent à mépriser, autant par prudence que par amour-propre, l'égoïsme étroit et aride, à revêtir les combinaisons de l'intérêt, des formes les plus favorables aux rapports qu'elles doivent avoir avec le bien général, à les débarrasser de celles qui tendent à exalter la corruption, dont la source est presque toujours dans l'ignorance de ({uelque vérité utile.

Au reste, quils ne s'effraient pas des détails que je leur (iropose. Il n'y a de vraiment ennuyeux que ce dont on sent linutilité, et il n'est pas aussi difficile qu'on le pense de

1. Peut-être, si l'on s'occupait des moyens de donner aux commerçants une éducation appropriée à ]eur état, on parviendrait à réprimer cette vanité bizarre et contagieuse qui nons fait mépriser ce que tout homuie est au fond, et ce qu'il sera toujours,, sous quelque déi-oration qu'il figure dans la société. Cette vanité s'est tellement saisie des commerçants eux-mêmes, qu'ils cunsentent à c«tte ^spèce de mépris; ils le sanctionnent, si je puis parler ainsi, en travestissant leur costume de marctiand, aussitôt qu'ils imaginent avoir acquis de quoi s'en passer. Et n'avons-nous pas vu un de nos plus célèbres négociants qui a cru mieux s illustrer eu fondant une école militaire plutôt qu'une école de commerce?

(Note de Mirabeau.)

découvrir la vérité dans les objets même dont on s'est h^ moins occnpé. La logique du bon sens et l'attention donnent des lumières à qui veut les acquérir. C'est à Taide de ces instruments qu'avec des moyens bien faibles et dans une situation très pénible, je crois être parvenu à développer, apprécier et mettre en ordre des idées fort étrangères à mes études habituelles. Ces idées me paraissent saines et utiles. Si j'ai raison, il restera prouvé qu'un homme de sens peut tout entendre, tout analyser, tout juger; et cela n'en serait pas moins vrai, si je m'étais trompé : car ce serait faute d'attention ou d'intelligence, et il n'en faudrait pas conclure qu'un antre à ma place n'eût pas fait un meilleiir ouvrage.

Pourquoi l'ai-je entrepris? Je me suis fait cette question à moi-même. D'abord (ou du moins je le croyais à Londres; pour venger l'esprit national du reproche de légèreté et d'incurie (ju'on ne cesse de lui adresser. D'autres motifs sont venus se joindre à celui-là que j'avais presque oublié, je dois en convenir, au moment où une circonstance inattendue m'a décidé à rendre public cet ouvrage.

Fatigué d'une vie orageuse, et persuadé que le repos et la paix sont les seuls biens purs et sans mélanj^e que le ciel ait accordés à l'homme *, je quittais la fière Albion, ce pays pour tout autre plus digne d'estime et de curiosité que d'affection et de regrets, mais où j'ai trouvé, moi, les amis les plus vrais et les plus dévoués qui soient sur la terre, et j'allais dans le seul séjour auquel le sort m'ait laissé des droits', lorsque passant à Paris, j'ai appris qu'on s'occupait de nouveaux règlements sur la caisse d'escompte; j'ai cru que celte circonstance rendait nécessaire un ouvrage qui fixât et mît à la portée de tout le monde les bons principes

1. Jl faut que cette vérité soit bien frappante, car on la trouve au^ deux pùles «le l'esprit humain, si je puis parler ainsi : On lit dans Newton : Quietem, rem prorsus subsianlialem. On lit dans La Fontaine :

Le repos, le repos, trésor si précieux, '^ Qu'on en fit autrefois le partage des Dieux.

{Note de Mirabeau.) 1. Le château de Mirabeau que lui interdit son père.

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sur ce sujet. Il m'a paru que c'étnit le seul moyen de préserver cette banque très utile, et dont la stabilité est devenue de la plus grande importance, d'une nouvelle révolution i|ui ne saurait être indifférente à la considération et au crédit national ; et j'ai livré cet ouvrage à la presse, non sans me dépiter contre le mouvement intérieur qui me rend incapable de résister à une forte persuasion.

Peut-être il eût été utile d'y joindre une histoire abrégée du système de Law et de ses suites. Quoique de bons écrivains se soient occupés de cette matière, on ne Ta point encore traitée avec cette clarté de style, celte précision dans les définitions, cet enchaînement de faiis et d'observations nécessaires pour donner une juste idée de ces opérations absurdes. Elles ressemblent, il est vrai, aux rêves les plus extravagants et les plus bizarres que puissent faire (les imaginations malades; mais il est impossible de s'exagérer combien, lorsque la cupidité et l'ignorance s'entlamment par des objets que l'imagination seule apprécie, toutes les absurdités de ce genre deviennent possibles en quelque temps que Ton soit, et de quelques lumières dont un siècle se vante.

Nous ne manquons pas d'écrivains très capables de rajeunir ce sujet et de l'approprier aux circonstances. Pour moi. qui n'aspire plus qu'au repos, j'abandonne la carrière à des hommes plus heureux, et surtout plus indépendants, si ce n'est par leurs sentiments et leur courage, du moins par leur situation. Qu'il me soit permis d'ajouter un mot (jue m'arrachent la justice et la vérité, bien plus que le ressentiment et l'orgueil.

En moins de quatre années, et plaidant à la fois pour ma tète, pour mon pain, pour ma liberté, pour mon honneur: seul et sans appui, livrant des combats à des ennemis étrangers, à des ennemis d'intérêt, à des ennemis littéraires, etc. , j'ai trouvé le temps d'écrire un ouvrage sur les Lettres d» cachet et les prisons d'Etat; des Considérations sur VOrdre de Cincinnatus^unVixTG sur la situation actuelle des affaires politiques de l'Europe, et ces réflexions sur la caisse d'escompte. Voilà ce qu'on peut avec des talents très

médiocres, mais une volonté forte et un penchant naturel à étudier le vrai et Tutile. Que ceux qui, comme moi, auraient eu le malheur d'armer la calomnie par les erreurs de leur jeunesse, se vengent comme moi '.

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