CHAPITRE
De l'uiililc des Caisses d'Escompte.
S'il est une différence remarquable entre la politique des anciens et la nôtre, il faut la chercher surtout dans les opérations de finances, dont nous avons fait une science très compliquée, et que nous ne voyons pas qu'ils aient connue; soit que ces opérations ayant toujours été méprisées des philosophes, qui, presque seuls, écrivaient alors, ils aient dédaigné d'en parler dans leurs livres; soit qu'elles fussent moins nécessaires dans ces temps où il n'y avait que des républiques, ou des tyrans. La liberté des unes, plus entière, plus généreuse, prodiguait plus d'efforts, que secondaient d'ailleurs à peu de frais les travaux d'une multitude d'esclaves domestiques qui ne recevaient point de solde. L'autorité plus absolue des autres arrachait des ♦ributs plus excessifs et prenait tout à volonté, sans mesure •t sans calcul.
Quoi qu'il en soit, et quelque opinion que l'on doive se former des systèmes de la politique ancienne et moderne, quelque possible qu'il fût peut-être d'établir et de mettre en pratique une théorie également éloignée des uns et des autres; la science de la finance est devenue l'une des plus importantes études des administrateurs de nos jours; et les banques publiques, qui fournissent aux nations emprunteuses et obérées un moyen de ressource et d'économie; leurs billets de confiance -, qui représentent à volonté de la