L'affaire du Collier de la Reine
3*i6 CEUVRES DE MIRABEAU
En tout procès criminel, on peut, on doit dire de l'accusé, qua-t-il faill la réponse serait téméraire avant la fin de la procédure, et la question, en tant que reproche fait aux juges, ou à la partie publique, ne le serait pas moins ; car ce que Vncciisé a fait est précisément ce qu'il s'agit de juger. Il faut le juger dans les formes les plus régulières; il faut que lemprisonnement de l'accusé soit légal, que sa détention le soit aussi; il faut qu'elle soit humaine et même douce; il faut que Taccusé soit conseillé, soutenu, défendu, instruit de tout ce qui peut contribuer à sa justification; mais il ne faut pas que le public se croie le droit de juger une cause qui n'est pas instruite ; car il commettrait une injustice envers lesjuges, qui n'ont pasmoinsde droit à son équité que l'accusé, et auxquels on ne peut pas même reprocher, ce qui dans tous ces il faut, que mes vœux plutôt que ma raison viennent d'écrire, pourrait manquer au comte deCagliostro. S'il n'en est privéque par force majeure ou par les tristes imperfections de notre législation criminelle, si son sort déplorable ne l'est pas, quant aux formes de la procédure, plus que celui de tout autre accusé, qu'avez-vous à reprocher à ses juges? 0 mes concitoyens 1 à ses juges qui sont les vôtres, et que vous ne rendrez jamais plus dignes d'estime qu'en les respectant davantage? A ces juges seul et faible abri qui soit entre vous et l'arbitraire? Sollicitez, invoquez, éclairez l'autorité législative, hâtez par vos représentations une révolution tous les jours plus nécessaire dans notre ordre légal: vous ferez acte d'hommes sensibles et de bons citoyens ; mais ])Ourquoi vos murmures tomberaient-ils sur les magistrats qui n'ont que le pouvoir judiciaire et qîii sont même bien loin de le posséder dans toute son étendue? ils ne peuvent qu'obéir aux lois criminelles, ils ne peuvent pas les changera
Après ce début, d'ordre général, Mirabeau examine si le comte de Cagliostro ne fut pas toujours un fripon et un charlatan, et il en trouve les faits relatés dans un Mémoire justi-