Pages 334-407. — Livre YIIl
De la Monarchie Prussienne assura la réputation de Mirabeau comme écrivain politique. « Je réussis à le lier avec mon frère, écrit Fanche-Borel, qui se chargea de limpression de son grand ouvrage sur la Monarchie Prussienne. On ue peut se faire une idée combien cette production éleva, je ne dis pas l'auteur, mais l'homme dans l'opinion publique ; aussi, ne fut-on pas surpris, en Europe, du rôle marquant qu'il joua bientôt en France. » Mémoires de Fauche- Borel, t. I", p. 52.
Le père de Mirabeau, auquel la Monarchie était dédiée, dans une préface noble et touchante, et qui avait été à peu près constamment l'etnemi de son fils, reconnaissait ses mérites, bien qu'il entremêlât ses louanges de sarcasmes, à sa manière accoutumée : « Après vérification exacte de tout ce que contient l'énorme compilation de cet ouvrier forcené, écrivait-il, je le tiens pour Ihomme le plus rare de son siècle, et il serait peut-être un des plus rares que la nature ait produits, si la directivité dans les vues lui eût été en même temps accordée. »
Aussitôt que la date de convocation des Etats généraux eut été fixée, Mirabeau employa tous ses efforts pour y être admis, sentant que là, il pourrait donner toute sa mesure. Cependant, il publiait encore quelques brochures de circonstance -, où il affirmait ses principes.
1. Sur la liberté de la presse Imité de Vanglais, de Milton =".
par le comte de Mirabeau.
Epigraphe :
Who kills a man kills a reasonable créature... but he who destroys a good bock, kills reason itself.
Tuer un homme, c'est détruire une créature raisonnable; mais étoutfer un bon livre, c'est tuer la raison elle-même.