‹ Œuvres de MirabeauChapitre 20 sur 168 · M. Massillon, Sur Vliuynanité des grands, (Petit Carême · texte numérisé non relu

M. Massillon, Sur Vliuynanité des grands, (Petit Carême

ESSAI SUK LE DESPOTISiME 31

Juges de la terre, dit le prophète, vous êtes des dieux et les enfants du Très-Haut (sans doute; car vous exercez le pouvoir de faire du bien et du mal aux hommes; mais écoutez ce qui suit) : Je vous ai dit que vous êtes des dieux mais vous mourrez comme les autres hommes^.

Celui qui juge les justices, qui, du haut 'ie son trône inti^rroge les 7•o^s^ne saurait consacrer Toppression, ni pardonner à l'oppresseur; et si l'empire des tyrans est redoutable pour leurs faibles esclaves, le pouvoir du ciel s'appesantira sur les tyrans".

Linspiré de Dieu a dit : Quiconque résiste aux puissances, résiste à lordre de Dieu même. Mais il n'a pas dit : Obéissez aux puissances contre l'ordre de Dieu même. Or, la loi naturelle, la loi du bonheur et de la liberté des hommes, est Vordre de Dieu même.

Que les hommes sachent donc que la loi divine n'est et ne saurait être que la plus avantageuse pour l'humanité.

Qu'elle nous ordonne de regarder les Etats d'où la justice est bannie comme de purs brigandages\

Qu'elle ordonne aussi de dire et de publier la vérité : « On est son défenseur, dit saint Ambroise, si, du moment ,qu'o!i la voit, on la dit sans honte et sans crainte^' ».

Qu'il faut se méfier de tous les pièges qu'on offre à la [crédulité du peuple, qui doit croire que toute maxime contraire à son bonheur ou à sa liberté est aussi criminelle lUx yeux de l'Etre s>uprème qu'à ceux de notre raison, que lous tenons tons de sa bienfaisance toute-puissante.

Qu'il faut donc mépriser les superstitieux et abhorrer les fanatiques.

Qu'il faut repousser aussi cette urbanité si vantée, dont

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