‹ Œuvres de MirabeauChapitre 22 sur 168 · L'Ami des liommes · texte numérisé non relu

L'Ami des liommes

3. Democliarès, envoyé d'Athènes, à qui Philippe demandait ce qu'il pouvait faire pour le service de la République.

4. Qu'on ne prenne point ceci comme une satire contre les gens de lettres : si l'on ose appeler ainsi les Moreau et les Linguet, j'ose assurer que ceux de cette espèce sont rares. Gène sont point les écrivains à réputation, du moins aujourd'hui, qui fomentent l'esclavage. En cultivant la raison, et répandant les lumières, ils font connaître les droits et les devoirs. S'il en est qut.lques-uns qui laissent échapper des principes trop peu réfléchis, ou qui sacrifient à l'harmonie des mots la justesse d'une pensée, il en est beaucoup qui parlent avec une hardiesse très noble de la liberté, et j'ai vu ces morceaux applaudis avec enthousiasme au théâtre

Que la présomption a perdu l'Europe* et notre patrie; qu'on ne loue guère les petits talents que quand on n'a point de grandes vertus ; nous n'en avons plus assez pour rougir de celles de nos pères, en laissant retomber les yeux sur notre siècle : et grâce nu bon ton introduit dans la société, nous persifierions aujourd'hui les Baijard et les du Gnesclin, parce que nous ne pouvons plus les imiter".

Que nos pères, dont une triple enveloppe d'airain défendait l'honneur et la liberté, n'eussent pas été impunément le jouet d'une cohorte de publicains et de ministres plus avides encore; que ces dignes guerriers n'eussent pas plus souffert l'oppression intérieure que les insultes du dehors.

Qu'il serait temps d'essayer si leur mâle et généreuse rudesse ne vaudrait pas notre inépuisable patience^; et qu'alors la France ne serait plus l'objet du mépris des étrangers et la victime de l'oppression la plus absolue et la plus multipliée.

Puissé-je entendre dire enfin aux princes, avec non moins de hardiesse et de vérité !

« Il faudrait bien de l'audace aux despotes, s'ils réfléchissaient sur les suites du despotisme.

De tous les empereurs qui succédèrent à Jules César, jusqu'à Vespasien* aucun ne mourut que de mort violente. Depuis la ruine de la liberté romaine jusqu'à Charlemagne, trente empereurs furent massacrés.

et aux séances publiques des académies. J'ose le dire, en général, les âmes se relèvent telleineut qu'il faudra bientôt du courage pour rire lâche; et la nation reprendrait bientôt son énergie, sans les tyranniques vexations du gouvernement.

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