P. 1 : Répondez-moi, je vous en somme
3. P. 4 : // rompt tout lien de société ; et p. 6 : Étes-vous un tyrtii/. gui que vous soyez, qui faites effort pour introduire cet état affreiu de licence despotique?
Je commencerai par vous expliquer, monsieur, ce que c'est qu'un libelle, et vous verrez que vous appelez très improprement VAuis aux Hesnois un libelle *.
Quant à i'épithète de licencieux, je vous avertis qu'elle ne fera pas fortune. Tous les despotes appellent bljprté, LICENCE ; tous les satellites traitent les écrivaitts courageux d'auteurs LICENCIEUX, mais les hommes sages et de bonne foi, qui savent que la licence est presque aussi ennemie de la liberté que le despotisme, n'ignorent pas qu'un écrivain est rarement l'apôtre de la licence, aujourd'hui que le fanatisme est expirant, et qiion trouve plus dinfàmes apologistes de l'autorité arbitraire, que d'enthousiastes de la liberté. Au reste, ils me liront; ils examineront mes principes, et je serai absous... Mais revenons à ce titre de libelle que vous donnez poliment à mon ouvrage.
Le mot libelle signifie, en français, différentes choses. On dit libelle de divorce (et c'est ce qui annonce la répudiation) ; on dit libelle d'un exploit ou d'une demande (et c'est ce qui explique l'objet de rajournement). Ce n'est, sans doute, dans aucun de ces sens que vous avez entendu ce mot. Restent les libelles diffauiatoires : et, pour cette fois, je vous ai deviné, n'est-il pas vrai, monsieur? Apprenez d'un homme que vous diccuseï d'igyiorance crasse* (ce qui peut être vrai, mais ne sera jamais élégant), qu'un libelle diffamatoire est un écrit satirique, injurieux, contre la probité, l'honneur et la réputation de quelqu'un. En vérité, vous pouviez m'épargner la peine d'écrire ces trivialités; vous les eussiez trouvées dans tous les dictionnaires.
D'après cette définition, monsieur, il me semble que je suis très loin d'avoir fait un libelle. Je n'ai nommé aucun individu ; je n'ai attaqué aucun individu ; j'ai dit quelques vérités fortes aux princes. Or, ce n'est pas ordinairement contre eux qu'on écrit des libelles ; et je crois que, dans