‹ Œuvres de MirabeauChapitre 5 sur 168 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

qu'a-t-il été comme roi et pasteur d'humanité? C'est autre chose. » (30 décembre 1786.)

Pendant près de deux années encore, la correspondance se continuera entre Mauvillon et Mirabeau^ avec une interruption de trois mois, pendant lesquels celui-ci sera à Brunswick pour parfaire la Monarchie Prussienne^ en compagnie de son collaborateur. Peu de semaines avant son départ, il lui renouvelle ses recommandations de tout étudier, largement, en philosophe, sans préjugés. « Mais résignez-vous à vous dépouiller de tout esprit de corps, et même de cette prévention que Ton constate tout naturellement pour ce que Ton a beaucoup et longtemps étudié. C'est cet attrait presque irrésistible qui rend si peu propre Fhomme qui a passé un certain âge, à recevoir des vérités nouvelles. » (1^^" avril 1787.)

La collaboration en commun a été féconde, et après trois mois de séjour à Brunswick, Mirabeau peut rapporter en France le manuscrit de la Monarchie Prussienne. Loin de Mauvillon, il le relit froidement, en critique, et il entreprend tout un travail de revision-. « En attendant, j'ai soigné le style,

1. « Mais je me confirme plus que jamais dans mon invariable résolution d'aller tout revoir avec vous. Il le faudrait pour la seule orthographe des noms, quelquefois assez mal griffonnés. Jugez pour les coupures, les transitions, les délucidations. Comptez donc sur moi très incessamment. » (9 avril 1"87.)

2. Mirabeau désirait soumettre le manuscrit de la Monarchie Prussienne à ses amis, Panchaud et l'abbé de Périgord, pour solliciter leurs observations.

INTRODUCTION m

élagué quelques répétitions, fait quelques transpositions, donné quelques développements, et pris noie de divers éclaircissemenls qu'en peu de moments vous me donnerez à première vue. » (21 septembre 1787.) Et un mois plus tard, lorsque l'œuvre a été complètement revue, Mirabeau affirme sa conscience d'écrivain et son désir d'améliorer constamment son œuvre. « A mesure que j'ai relu à froid, il s'est présenté quelques doutes qu'il faut résoudre. A la vérité, je les ai notés page par page et avec assez de soin, pour que sur ma liste de questions vous puissiez les résoudre sans me voir : mais cet ouvrage est si curieux en faits, si vaste dans ses conséquences, si important pour l'instruction humaine, que je croirais en quelque sorte manquer à mon devoir de citoyen du monde, si je ne mettais pas tous les soins, toutes les mesures possibles à son perfectionnement. » (Sans date, novembre 1787.)

De la Monarchie Prussienne publiée, Mirabeau demande à Mauvillon de lui faire connaître toutes les critiques qu'on lui adressera de noter les erreurs qui I seront signalées, de préparer les réponses et les rectifications. « En tout, mon ami, cet ouvrage est trop important, trop fait pour rester, pour servir de modèle à d'autres, pour faire école en économie politique, pour que nous ne regardions pas comme un devoir d'en ùterle plus de taches que nous pourrons. » (27 juillet 1788.)

Cette analyse de la correspondance de Mirabeau

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