LIVHE III — ELEGIE 2. — TOME II
Il fut barbare, celui qui le premier arracha l'amant à son amante, Tamante à son amant ! Et celui qui put vivre séparé de l'aulre partie de lui-même ; celui qui put supporter une (elle douleur ; celui-là aussi fut insensible et cruel ! Non, je n'ai point ce courage inflexible! non, cette constance He xM'a jainaisla mienne. La douleur brise l'àme la plus ferme. .le ne saurais rougir d'avouer ce que je sens, et d'éjiaucber la tristesse qui empoisonne ma vie tourmentée par de longs malheurs.
Lorsque je ne serai plus qu'une ombre impalpable; ([uaud les feux funèbres auront blanchi mes ossements; que la triste Nééra vienne, ses beaux cheveux épars, verser des larmes autour de mon bûcher 1 que sa mère chérie l'accompagne, et partage sa douleur! que Tune pleure un gendre, et l'autre un amant! qu'elles invoquent mes mânes,
adressent les derniers adieux à cette âme qui les a tant aimées, et purifient leurs mains pieuses dans une eau sacrée! qu'elles reçoivent dans leurs vêlements de deuil, mes cendres, et tout ce qui restera de moi ! qu'elles les arrosent d'un vin vieux, et bientôt après, d'un lait pur! quo pressées dans des linges de lin fin, ces cmdres séchées, reposent enlin dans un monument de marbre ! que les productions odorantes de l'Arabie et de la riche Assyrie ; que tous les parfums de l'Orient, et surtout que des larmes offertes à ma mémoire, y soient répandues! mais que l'on y grave ces vers qui apprendront à jamais la cause déplorable de ma mort :
<( Ici repose Lycidantis : ses regrets, et la douleur d'avoir perdu ISèêrn. son ''pause, Cont conduit au tombeau ^>'.