‹ Œuvres de MirabeauChapitre 88 sur 168 · U'orum injuriae, diis carœ (Tacit). (N. de M · texte numérisé non relu

U'orum injuriae, diis carœ (Tacit). (N. de M

2. Le linieux cnnit- Pt-terbnrougti dis-it en s'opp<'sant A un bill préposé contre lathéisme : « Je suis bien pour un r. i parlemeutaiie, iiiciis je ne vt-ux pa> avoir un dieu de la main du P rlemti't non plus qu'une leligion. Si la Ghanjbre se déclare pour une [religion^; de cette e<i èce, j'iiai à liome, ei je ferai mes etlorts pour être nommé cardinal, d'autHnt que pour trailei d^ [jareilles affaires, je préférerais d'êlie assis dans le conclave plut<H qu'avec vos seigneuries. » (iN. de M.).

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Uempereur Canghi disait aux missionnaires qui répandaient à la Chine les disputes et les divisions qu'ils ont semées partout Oii ils ont été admis : « Je suis surpris de vou^ voir siinqtiiptsdes affaires île l'autre mond^ où cerViinem<nt vous n avez jamais été. Que ne jouissez-vms tranrjuillenient de la vie présente? Ç^q prince avait bien du bon sens pour un despote.

C'est cette adulation impie : Les Rois sont les représentants DK Dieu sur la terrk, qui a introduit le glaive dans les disputes théologiques Les impiétés contre Dieu, a-t-on dit, doivent être réprimées par ses lieutenants, comme ceux des princes sont tenus de punir les outrages faits à la inajesté royale, et par une conséquence de cette lâche absurdité, l'on a regardé comme également criminels ceux qui différaient de la religion du prince et ceux qui s.e révoltaient contre son autorité. Mais jusqu'où ne pourrait pas conduire cette idée de venger la divinité? Tous les crimes, tous les vices, toutes les fautes ne ron'»Misent-ils point : dégradera-t-on lEtre des êtres jusqu'à lui supposer des intérêts personnels?des ressentiments particuliers? les petitesses de l'orgueil? les bassesses de la vanité? Il faudra donc punir les fautes aussi bien que les erreurs religieuses? Et quelle sera la fin de ces punilions? Et quelle vengeance assortie à un Etre infini exercera-t-OQ sur un être fini? Comment proj)ortionner le châtiment à l'outrage?... Il est inutile de raisonner sur ce principe, il ne faut, pour le détester, que découvrir le. véritable intérêt fjui Ta dicté : la prétention de venger l'Etre suprême outragé est le résultat d'une perfide collusion entre le corps sacerdotal et la puissance civile. Les deux autorités se sont aidées réciproquement à asservir les corps et les esprits, i^t ont partagé entre elles le hroit dtvin de mal gouver.nkr.

[LisezFhistoire de cette confédération terrible écrite dans la [langue] des poètes, ce langage sublime, lorsque c'est le philosophe qui l'emploie.

« Qui le premier enseigna à des âmes esclaves et à des royaumes ruinés, que plusieurs ont été faits pour un, cette orgueilleuse exception des lois de la Nature qui boulever

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serait le monde et [contrarierait] la cause suprême? La force fit d'abord les conquêtes, et les conquêtes firent les lois. Ensuite la superstition inspira la crainte au tyran: l'ayant effrayé, elle partagea la tyrannie avec lui, lui prêta son secours; fit un dieu du conquérant, et un esclave du sujet; elle se prévalut du feu des éclairs, du bruit du tonnerre, du tremblement des montagnes, des gémissements de la terre, pour faire prosterner les hommes faibles, et contraindre les orgueilleux à prier des êtres invisibles el plus puissants qu'eux; du ciel qui éclatait elle fit descendre des dieux et sortir des esprits infernaux de la terre qui s'entr'ouvrait; elle fixa ici des demeures terribles et là des demeures fortunées. La crainte fit ses démons, et une faible espérance fit ses dieux : dieux remplis de partialité, d'inconstance, de passion, d'injustice, dont les attributs étaient la rage, la vengeance ou la lubricité, tels que, enfin, des âmes lâches pouvaient les imaginer. Cœurs tyrans, ils crurent à des dieux tyrans; alors le zèle et non la charité devint leur guide ; l'enfer fut bâti sur la haine, et le ciel fondé sur l'orgueil ; alors la voûte céleste cessa d'être sacrée, des autels de marbre furent élevés et arrosés de sang; les prêtres pour la première fois se rassasièrent d'une pourriture vivante, el bientôt ils souillèrent de sang humain leur idole hideuse; ils épouvantèrent la terre avec le tonnerre du ciel et, se parant de la puissance des dieux, ils s'en servirent pour foudroyer leurs ennemis'. »

La plume échappe de la main qui vient de transcrire cet admirai)le fragment et Texcès de radniiration décourage... Voilà dans un tableau resserré, mais éclatant de vérité et de lumière, l'histoire du sacerdoce et de l'intoléranct' qu'il a produit'.]

En effet, pour peu qu'on réfléchisse, l'on s'apercevra qurl'intolérance est une méthode d'autant plus odieuse, qu'elle n'est jamais la suite d'une conviction sincère, ni par conséquent l'erreur d'un homme bien intentionné. Les Ihéo-

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