Addition marorinale
DE LA inLEUA.XCi: 217
logiens ne seraient point si violents et si haineux, s'ils liaient intiinementpersuadésde Topinionqu'ilssonliennent,
sils ne poursuivaient pns plutôt dans ceux qu'ils persécutent leurs ennemis personnels, que les ennemis de la vérité']. On supporte patiemment la contradiction, quand on a pour soi l'évidence, et celui qui s'y refuse, inspire plus lie pitié que de colère. Sûr de vaincre par le raisonnement, {(ourquoi disputerait-on avec Tépée? Ne sait-on pas que la raison triomphe par la résistance même (ju'on lui oppose, puisque cette résistance la développe et la met dans tout son jour ? La discussion et la pratique du pour et du contre -ont la pierre de louche de la vérité. C'est donc bien mal t'iitendre ses intérêts que de vouloir rétablir par la violence '\n\ la rend odieuse. iMais dans les dis|)utes relii^ieiises, il n'est pas ({uestion de vérité. Les matières qui sont l'objet des méditations des prêtres sont tellement au-dessus de l'esprit humain qu'on ne doit attribuer Tacharnement des |trédicants qu'à la cupidité et à l'orgueil. Leur zèle n'est que le déguisement de ces passions. Les controverses introduisent d'abord le pyrrhonisme, comme l'imagination est plus active que la raison, elle substitue au doute un système quelconque et l'amour-propre qui survient, l'intérêt qui s'alarme, amènent aussitôt l'intolérance.
Les excès de tous les auteurs polémiques réunis, dans ijuelque genre qu'ils s'exercent, quelque motil' qui les t'uflamme, n'approchent point de la rage des argumentaleursen fait de religion. Indifférents sur le cboix des moyens, pourvu qu'ils terrassent leurs adversaires, tous les prétextes leur sont bons. Qui doute, est impie; qui dispute est infâme! Ces enthousiastes, d'autant plus dangereux qu'ils le sont à volonté, intéressent bientôt dans leurs débats le magistrat civil. Empressés de le séduire, ils trouvent la connexion la plus étroite entre des discussions métaphysiques et les intérêts du souverain. L'esprit d'hérésie, disent-ils, est inséparable de celui de rébellion. Toute altération dans la religion établie nécessite une révolution