AdditioD maro^inale
cette société et de son chef), est bien plus impérieux et plus formel que toute autre convention écrite, tonte autre loi politique, civile ou religieuse. II est bien plus formel, car il est fondé sur le sentiment et l'opinion universelle, et par cela même, il est bien plus impérieux; tout pacte, toute loi peut être abrogée ; toute religion a été détruite ou combattue, a vu son empire resserré par des rivales; mais la loi et la reliojion naturelle qui s'est perpétuée de siècle on siècle par Tuniformité des sentiments de Thomme et la continuité de ses besoins, surnagera sur les temps, les codes et les cultes \]
Il est évident que quiconque est convaincu de leurs principes salutaires n'a pas besoin de la croyance et de la connaissance d'un dieu pour pratiquer le bien moral dans lequel il trouve également son intérêt et son devoir.
[Un écrivain moderne, qui après avoir travaillé pour les despotes et vernissé les maximes du despotisme a disserté sur les principes de h justice, lorsqu'il a vu que le gouvernement cherchait à faire croire qu'il aimait celle morale, a dit : « Laissez errer les philosophes qui cherchent à écarter de leurs raisonnements tout ce qui les force de se rapprocher d'une puissance supérieure et ordonnatrice; sans elle on prouvera sans doute qu'il est de mon intérêt d'être juste; sans elle on ne me démontrera point que la justice soit le premier des devoirs ». Voilà une grande erreur soutenue d'un ton bien doctrinal. Non, monsieur Moreau, non, ce ne sont point des discussions métaphysiques ou des traités théologiques qui apprendront à ces agrestes colons ce qui est juste ou ce qui ne l'est pas; et la croyance de l'enfer même les retiendrait bien moins que la maréchaussée. Mais c'est précisément parce qu'on me convainc qu'il est de mon premier intérêt d'être jusle, que je regarderais la justice comme mon premier devoir. Toutes les capucinades possibles n'ajouteront rien à cette conviction. Je ne m'ennuierai pas à transcrire de triviales épigrammes lancées contre les prêtres, comme vous adressez