‹ Œuvres de MirabeauChapitre 97 sur 168 · PENSEES, NOTES ET MATERIAUX EPARS · texte numérisé non relu

PENSEES, NOTES ET MATERIAUX EPARS

Nous avons tiré quelques pensées, d'une force et d'une beauté singulières, des feui'les où Mirabeau écrivait selon l'enchaînement de ses méditations, d'un jet, les idées qui lui semblaient devoir être retenues, et suivant ses l ctures, les extraits dont il voulait se servir. Elles sont dispersées entre des citritions d'Ovide, de Juvénal, de Perse, de TertuUien, de Sénèque, de Pascal, de Sh^ikespeare, de Pope, de Boileau, de Pline, de Swift, etc., parmi des anecdotes historiques qui ont un caractère typique, des recettes de médecine ou des formules scientifiques, des chansons.

On y trouve aussi des projets de lettres à son père, à Lenoir, des épigraphes et des notes pour ses ouvrages, les Lettres de Cachet, les Salines de Franche-Comté, le Lecteur ij mettra le titre, la Tolérance, toute une documentation qui attend son emploi, indiqué avec précision.

Ces pages d'une écriture différente ne sont pas toutes de la même époque.

Un homme qui sait réunir la promptitude et la patience est un homme capable de tout.

Combien de gens sont plutôt sincères par violence que par candeur, plutôt prodigues que généreux, plutôt fins que prudents; et combien on s'y trompe !

1. Manuscrit conservé aux Archives historiques du ministère des Affaires étrangères.

L'usage des garnisons introduites sous Constantin fut une des plus grandes causes de la décadence de la discipline militaire.

On peut expliquer par le secours du raisonnement tout seuU pourquoi les plaisirs des sens sont si différents pour un amant que pour un autre homme. Le corps est absolument borné aux impressions présentes, et l'on sait quel éclair est Uinstant de volupté qui fait la jouissance, lorsque le cœur et Uimagination ne sont pas d'accord avec les sens pour faire précéder et suivre le plaisir de mille autres délices. Lïime qui s'étend également dans le passé et dans l'avenir, doit être une source tout autrement féconde et durable de volupté ; et ses sentiments ajoutent une saveur infinie aux sensations. Voilà pourquoi les jouissances séparées de Uamour sont à la longue si insipides, ces conquêtes si avidement recherchées sont toujours et bientôt expiées par un profond ennui.

Un particulier peut quelque chose pour sa famille et pour ses amis mais"; que peut-il pour les homm3S ? [Les] instruire, travaillera la destruction des préjugés et des vices, c'est là [le] seul moyen d'être le bienfaiteur de l'humanité. Ainsi le philosophe [qui; cherche la vérité de bonne foi, et l'ose publier, est non seulement de tous les citoyens, mais ei^core de tous les hommes le plus respectable.

L'Eternel a tout fait pour soi-même. (Salomon, prov, XVI. A];. On pourrait tirer d'étranges conséquences de ce principe.

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