‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 111 sur 433 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

P S I C H É , seule.

Où suis-je?Et , dans un lieu que je croyois barbare, Quelle savante main a bâti ce palais ,

Que l'art , que la nature pare

De l'assemblage le plus rare

Que l'œil puisse admirer jamais?

Tout rit , tout brille , tout éclate Dans ces jardins , dans ces appartenons,

Dont les pompeux ameublemens

N'ont rien qui n'enchante et ne flatte ; Et de quelque côté que tournent mes frayeurs, Je ne vois, sous mes pas, que de l'or ou des fleurs. Le ciel auroit-il fait cet amas de merveilles

Pour la demeure d'un serpent ?

Et lorsque, par leur vue, il amuse et suspend De mon destin jaloux les rigueurs sans pareilles,

Veut-il montrer qu'il s'en repent ?

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