SCENE IL
P S I C H É , seule.
Où suis-je?Et , dans un lieu que je croyois barbare, Quelle savante main a bâti ce palais ,
Que l'art , que la nature pare
De l'assemblage le plus rare
Que l'œil puisse admirer jamais?
Tout rit , tout brille , tout éclate Dans ces jardins , dans ces appartenons,
Dont les pompeux ameublemens
N'ont rien qui n'enchante et ne flatte ; Et de quelque côté que tournent mes frayeurs, Je ne vois, sous mes pas, que de l'or ou des fleurs. Le ciel auroit-il fait cet amas de merveilles
Pour la demeure d'un serpent ?
Et lorsque, par leur vue, il amuse et suspend De mon destin jaloux les rigueurs sans pareilles,
Veut-il montrer qu'il s'en repent ?