ACTE III. SCENE II. ï
Non, non; c'est de sa haine, en cruauté féconde ,
Le plus noir, le plus rude trait , Qui, par une rigueur nouvelle et sans seconde , N'étale ce choix qu'elle a fait De ce qu'a de plus beau le monde , Qu'afin que je le quitte avec plus de regret. Que son espoir est ridicule , S'il croit par-là soulager mes douleurs! Tout autant de momens que ma mort se recule , Sont autant de nouveaux malheurs :
Plus elle tarde, et plus de fois je meurs. Ne me fais plus languir, viens prendre ta victime,
Monstre qui dois me déchirer.
Veux-tu que je te cherche, et faut-il que j'anime
Tes fureurs à me dévorer?
Si le ciel veut ma mort , si ma vie est un crime , De ce peu qui m'en reste ose enfin t'emparer ; Je suis lasse de murmurer Contre un châtiment légitime.
Je suis lasse de soupirer ; Viens , que j'achève d'expirer.
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