‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 113 sur 433 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

L'AMOUR, PSICHÉ , ZEPHIRE.

l'amour.

Le voilà ce serpent, ce monstre impitoyable, Qu'un oracle étonnant pour vous a préparé ; Et qui n'est pas, peut-être, à tel point effroyable • Que vous vous l'êtes figuré.

PSICHÉ

Vous, Seigneur, vous seriez ce monstre dont l'oracle

A menacé mes tristes jours; Vous qui semblez plutôt un Dieu qui, par miracle, Daigne venir lui-même à mon secours ?

l'a mour.

Quel besoin de secours au milieu d'un empire,

Où tout ce qui respire N'attend que vos regards pour en prendre la loi, Où vous n'avez à craindre d'autre monstre que moi?

PSICHÉ

Qu'un monstre tel que vous inspire peu de crainte , Et que, s'il a quelque poison, Une ame auroit peu de raison De hasarder la moindre plainte Contre une favorable atteinte , Dont tout le cœur craindroit la guérison!

Page 1