ACTE IV. SCENE I
Et son amante et lui s'en laissant trop charmer, Quittent , pour la servir, les soins de s'entr'aimer.
Elle a des Dieux à son service ,
Elle aura bientôt des autels ; Et nous ne commandons qu'à de chétifs mortels ,
De qui l'audace et le caprice , Contre nous , à toute heure, en secret révoltés ,
Opposent à nos volontés
Ou le murmure , ou l'artifice.
C'étoit peu que , dans notre cour, Tant de cœurs, à l'envi, nous l'eussent préférée ; Ce n'étoit pas assez que , de nuit et de jour, D'une foule d'amans elle y fût adorée.
Quand nous nous consolions de la voir au tombeau
Par l'ordre imprévu d'un oracle , Elle a voulu , de son destin nouveau , Faire, en notre présence, éclater le miracle ,
Et choisir nos yeux pour témoins De ce qu'au fond du cœur nous souhaitions le moins.
Ce qui le plus me désespère , C'est cet amant parlait et si digne de plaire ,
Qui se captive sous ses lois.
Quand nouspourrions choisirentre tous les monarques,
En est-il un , de tant de rois ,
ara P S I C H É.
Qui porte de si nobles marques ?
Se voir du bien par-delà ses souhaits , N'est souvent qu'un bonheur qui fait des misérables; Il n'est ni train pompeux , ni superbes palais , Qui n'ouvre quelque porte à des maux incurables: Mais avoir un amant d'un mérite achevé , Et s'en voir chèrement aimée , C'est un bonheur si haut , si relevé , Que sa grandeur ne peut être exprimée.