‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 128 sur 433 · P S IC H É · texte numérisé non relu

P S IC H É

Dans un cœur tout à vous que vous pénétrez mal! Je vous aime , Seigneur, et mon amour s'irrite De l'indigne soupçon que vous avez formé. Vous ne connoissez pas quel est votre mérite ,

Si vous craignez de n'être pas aimé.

Je vous aime; et depuis que j'ai vu la lumière,

Je me suis montrée assez fière Pour dédaigner les vœux de plus d'un roi; Et s'il vous faut ouvrir mon ame toute entière , Je n'ai trouvé que vous qui fût digne de moi.

Cependant j'ai quelque tristesse

Qu'en vain je voudrois vous cacher ; Un noir chagrin se mêle à toute ma tendresse ,

Dont je ne la puis détacher.

Ne m'en demandez point la cause ; Peut-être , la sachan t , voudrez -vous m'en punir ; Et si j'ose aspirer encore à quelque chose , Je suis sûre du moins de ne point l'obtenir.

Eh! ne craignez- vous point qu'à mon tour je m'irrite Que vous connoissiez mal quel est votre mérite , Ou feigniez de ne pas savoir Quel est sur moi votre absolu pouvoir ? Ahî si vous en doutez, soyez désabusée. Parlez.

J'aurai l'affront de me voir refusée.

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