SCENE IT
PSICIIÉ, CLÉOMENE, AGENOR.
PSKHÉ.
Cléomene , Agénor , est-ce vous que je voi ? Qui vous a ravi la lumière ?
CLEOMENE.
La plus juste douleur, qui, d'un beau désespoir,
Nous eût pu fournir la matière.
Citte pompe funèbre , où du sort le plus noir Vous attendiez la rigueur la plus fière ,
L'injustice la plus entière.
AGENOR.
Sur ce même rocher , où le ciel en courroux
Vous promettoit , au lieu d'époux ', Un serpent dont soudain vous seriez dévorée ,
Nous tenions la main préparée A repousser sa rage , ou mourir avec vous. Vous le savez , princesse ; et lorsqu'à notre vue , Par le milieu des airs vous êtes disparue , Du haut de ce rocher , pour suivre vos beautés , Ou plutôt pour goûter cette amoureuse joie D'offrir pour vous au monstre une première proie y D'amour et de douleur l'un et l'autre emportés a Nous nous sommes précipités.
zdz. V S I C H Ë.
Heureusement déçus au sens de votre oracle , Nous en avons ici reconnu le miracle , Et su que le serpent prêt à vous dévorer ,
Etoit le dieu qui fait qu'on aime, Et qui tout dieu qu'il est , vous adorant lui-même ,
Ne pouvoit endurer Qu'un mortel comme nous osât vous adorer.
Pour prix de vous avoir suivie, Nous jouissons ici d'un trépas assez doux.
Qu'avions-nous affaire de vie ,
Si nous ne pouvions être à vous ?
Nous revoyons ici vos charmes , Qu'aucun des deux là-haut n'auroit revus jamais. Heureux si nous voyons la moindre de vos larmes Honorer des malheurs que vous nous avez faits.
Puis-je avoir des larmes de reste , Après qu'on a porté les miens au dernier point ? Unissons nos soupirs dans un sort si funeste ,•
Les soupirs ne s'épuisent point :
Mais vous soupireriez, princes , pour une ingrate. Vous n'avez point voulu survivre à mes malheurs a
Et quelque douleur qui m'abatte ,
Ce n'est point pour vous que je meurs.