‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 160 sur 433 · ARMANDE, HENRIETTE · texte numérisé non relu

ARMANDE, HENRIETTE

i^J u o I ! le beau nom de fille estun titre ^ masœur, Dont vous voulez quitter la charmante douceur; Et de vous marier vous osez faire fête ? Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête?

HENRIETTE

Oui , ma sœur.

28o LES FEMMES SAVANTES.

ARMANDE

Ah! ce oui se peut-il supporter?

Et, sans un mal de cœur, sauroit-on l'écouter?

HENRIETTE

Qu'a donc le mariage en soi qui vous oblige , Ma sœur. . .

ARMANDE

Ah } mon Dieu! fi!

HENRIETTE

Comment ?

ARMANDE

Ah! fi, vousdis-je.

Ne concevez-vous point ce que,dès qu'on l'entend, Un tel mot à l'esprit oflre de dégoûtant , De quelle étrange image on est par lui blessée, Sur quelle sale vue il traîne la pensée ? N'eu frissonnez-vous point ? et pou vez-vous, ma sœur, Aux suites de ce mot résoudre votre cœur ?

HENRIETTE

Les suites de ce mot , quand je les envisage , Me font voir un mari , des enfans , un ménage ; Et je ne vois rien là , si j'en puis raisonner , Qui blesse la pensée , et fasse frissonner.

A R M A N DE

De tels attachemens, ô ciel! sont pour vous plaire ?

HENRIETTE

Et qu'est-ce qu'à mon âge on a de mieux à faire,

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