VI. la
Ils m'ôtent tout cela , ces Dieux !
Et tu veux que je n'aye aucun sujet de plainte Sur cet affreux arrêt dont je souffre l'atteinte ! Ah! leur pouvoir se joue avec trop de rigueur
Des tendresses de notre cœur.
Pour m'ôter leur présent, leur fallait-il attendre
Que j'en eusse fait tout mon bien ?
Ou plutôt , s'ils avoient dessein de le reprendre , N'eût-il pas été mieux de ne me donner rien ?
Seigneur , redoutez la colère De ces Dieux contre qui vous osez éclater.
LE ROI
Après ce coup, que peuvent-ils me faire ? Ils m'ont mis en état de ne rien redouter.
Ah! Seigneur, je tremble des crimes Que je vous fais commettre , et je dois me haïr.
LE ROI
Ah! qu'ils souffrent du moins mes plaintes légitimes; Ce m'est assez d'effort que de leur obéir ; Ce doit leur être assez que mon cœur t'abandonne Au barbare respect qu'il faut qu'on ait pour eux , Sans prétendre gêner la douleur que me donne L'épouvantable arrêt d'un sort si rigoureux.