ACTE IL SCENE I
Mon juste désespoir ne saurbit se contraindre ; Je veux , je veux garder ma douleur à jamais ,- Je veux sentir toujours la perte que je tais; De la rigueur du ciel je veux toujours me plaindre ; Je veux , jusqu'au trépas , incessamment pleurer Ce que tout l'univers ne peut me réparer.
PSICHÉ
Ah! de grâce, Seigneur, épargnez ma foiblesse; J'ai besoin de constance en l'état où je suis. Ne fortifiez point l'excès de mes ennuis
Des larmes de votre tendresse.
Seuls ils sont assez forts,et c'est trop pour mon casur.
De mon destin et de votre douleur.
Oui, je dois fépargner mon deuil inconsolable. Voici l'instant iatal de m'arracher de toi ; Mais comment prononcer ce mot épouvantable ? Il le faut toutefois ; le ciel m'en fait la loi ;
Une rigueur inévitable M'oblige à te laisser en ce funeste lieu, Adieu ; je vais Adieu.
i8o PSICHE.