ACTE III, SCENE V
espérer que vous n'approuverez pas son action, et ne trouverez pas étrange que nous cherchions d'en prendre vengeance.
D. JUAN
Au contraire, je vous y veux servir, et vous épargner des soins inutiles. Je suis ami de don JUan, je ne puis pas m'en empêcher; mais il n'est pas raisonnable qu'il offense impunément des gentilshommes, et je m'engagea vous faire faire raison par lui.
D. CARLOS
Et quelle raison peut-on faire à ces sortes d'injures?
». JUAIf.
Toute celle que votre honneur petit souhaite^; et , sans vous donner la peine de chercher don Juan davantage, je m'oblige à le faire trouver au lieu que vous voudrez, et quand il vous plaira.
D. CAKLOS.
Cet espoir est bien doux , monsieur , à des cœurs offensés; mais, après ce que je vous dois, ce me seroit une trop sensible douleur, que vous fussiez de la partie.
J). JUAN
Je suis si attaché à don Juan , qu'il ne sauroit se battre que je ne me batte aussi ; mais enfin , j'en réponds comme de moi-même, et vous n'avez qu'à dire quand vous voulez qu'il paroisse, et vous donne satisfaction.
D. CAÏILGS.
Que ma destinée est cruelle! Faut-ilque je von^ doive la vie, et que don Juan soit de vos amis!
a48 LE FESTIN DE PIERRE,