‹ œuvres de moliere, avec des remarques grammaticales, des avertissemens, et des observatioonsChapitre 160 sur 310 · DON ALONSE, DON CARLOS, DON JUAN · texte numérisé non relu

DON ALONSE, DON CARLOS, DON JUAN

J>. ALONSE , parlant à ceux de sa saite , sans voir don Carlos

ni don Joan.

Faites boire là mes chevaux , et qu'on les amène après nous ; je veux un peu marcher à pied, (les aperce- Tant tons deux.) O cicl ! que vois-je ici? Quoi! mon frère y vous voilà avec notre ennemi mortel ?

D. CARLOS

Notre ennemi mortel !

n. J U AN 9 mettant la main snr la garde de son épée*

Oui, je suis don Juan, et l'avantage du nombre ne m'obligera pas à vouloir déguiser mon nom.

D. ALONSE, mettant rëpçe à la main.

Âh , traître ! il faut que tu périsses , et...

( Sganarelle court se cacher. ) D. CARLOS.

Ah , mon frère ! arrêtez. Je lui suis redevable de la vie; et, sans le secours de son bras, j'auroisété tué par des voleurs que j'ai trouvés.

D. ALONSE

Et vouléz-vous que cette considération empêche notre vengeance ? Tous les services que nous rend une main ennemie ne sont d'aucun mérite pour engager notre âme ; et , s'il faut mesurer l'obligation à l'injure, votre reconnoissance , mon frère, est ici ridicule ; et , comme l'honneur est infiniment , plus précieux que la vie , c'est ne devoir rien pro-

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