ACTE I, SCENE I
trop délicate et trop peu saine; c'est la vouloir envoyer bientôt en Taùtre monde, que de Texposer, comme elle est^ à faire des enfans. Le monde n'est point du tout son fait ; et je vous conseille de la mettre dans un couvent, où elle trouvera des divertissemens qui seront mieuic de son humeur.
SOA.NAR£LLE.
Tous cei Conseils sont admirables , assurément ; mais je les trouve un peu intéressés, et trouve que vous me conseillez foit bien pour vous. Yous êtes orfèvre , monsieur Josse * j et votre conseil sent son homme qui a envié de se défaire de sa marchandise. Vous vendez des tapisseries, monsieur Guillaume, et vous avez la mine d'avoir quelque tenture qui vous incommode. Celui que vous aimez , ma voisine , a , dit*on , qtielque inclination pour ma fille , et vous fie seriez pas fôchée de la voir femme d'un autre. Et quant à vous, ma chère nièce, ce n'est pas mon dessein , comme on sait , de marier ma fille avec qui que ce soit , et j^ai mes raisons pour cela ; mais Je conseil que vous me donnez de la faire religieuse est d'une femme qui pourroit bien souhaiter charitablement d'être mon héritière universelle. Ainsi , messieurs et mesdames , quoique tous vos conseils soient les meilleurs dû monde, vous trouverez bon , s'il vous plaît, que je n'en suive aucun, (seni.) Voilà de mes donneurs de conseils à la mode.
3oS L'AMOUR MÉDECIN,